Burkina Faso : TV5 Monde interdite de diffusion

Burkina Faso : TV5 Monde interdite de diffusion

Les autorités burkinabè ont annoncé, mardi 5 mai 2026, l’interdiction de diffusion de la chaîne sur le territoire national.

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) justifie cette décision par des accusations de «désinformation» et «d’apologie du terrorisme» dans le traitement de l’actualité sécuritaire au Burkina Faso et au Mali.

Cette mesure intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la couverture médiatique des attaques jihadistes dans la région sahélienne.

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Des reproches liés au traitement des crises sécuritaires

Selon le régulateur burkinabè, plusieurs éditions des journaux télévisés diffusées entre avril et mai 2026 auraient comporté des contenus jugés contraires aux règles déontologiques et à la législation nationale.

Le CSC accuse notamment la chaîne d’avoir diffusé des images non vérifiées, susceptibles selon lui de nuire à l’image de l’armée burkinabè, de semer la peur parmi les populations et d’affaiblir le moral des forces engagées contre les groupes armés.

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Les autorités reprochent également à TV5 Monde sa couverture des récentes attaques survenues au Mali fin avril, estimant qu’elle pourrait porter atteinte aux institutions de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Un climat tendu entre Ouagadougou et plusieurs médias étrangers

Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, plusieurs médias internationaux ont été suspendus ou interdits au Burkina Faso. Les autorités invoquent régulièrement des questions de souveraineté nationale et de traitement jugé partial de la situation sécuritaire.

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TV5 Monde avait déjà connu deux suspensions temporaires en 2024.

De son côté, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a critiqué cette nouvelle décision, estimant qu’elle réduit davantage l’accès à l’information dans le pays.

Contexte politique plus large

Cette annonce intervient le même jour que la suspension de plus de 200 associations par les autorités, officiellement pour non-renouvellement de leurs instances dirigeantes. Ces mesures s’ajoutent à d’autres restrictions récentes visant des organisations de la société civile.

Le Burkina Faso reste confronté à une insécurité persistante liée aux attaques de groupes jihadistes, malgré les opérations militaires menées par les forces nationales et leurs alliés régionaux.

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