Les autorités burkinabè renforcent leur contrôle sur les organisations humanitaires et les associations internationales opérant dans le pays.
Le gouvernement a décidé d’instaurer un système d’accréditation destiné à encadrer leurs activités, dans un contexte marqué par une politique de souveraineté affirmée et une lutte contre l’insécurité.
Cette mesure concerne les nombreuses organisations intervenant au Burkina Faso, où la crise sécuritaire provoquée par les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique a fait des milliers de victimes et déplacé plus de deux millions de personnes.
Un contrôle accru des interventions humanitaires
Selon la ministre de la Famille, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, cette nouvelle procédure permettra à l’État de mieux identifier les organisations présentes sur le territoire, de connaître leurs zones d’intervention et de renforcer la coordination avec les administrations publiques.
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Le gouvernement entend également améliorer le suivi des financements mobilisés et assurer une meilleure traçabilité des actions menées par les différents acteurs humanitaires.
Les autorités précisent que les interventions devront désormais s’inscrire dans le respect des priorités nationales, des impératifs sécuritaires et de la souveraineté du Burkina Faso.
Une politique de plus en plus restrictive
Le gouvernement justifie cette réforme par les difficultés rencontrées dans le contrôle des activités de certaines organisations et par la nécessité d’assurer une meilleure supervision de leurs actions sur le terrain.
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Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de durcissement du cadre réglementaire. Depuis le mois d’avril, les autorités ont suspendu plus d’un millier d’associations pour non-renouvellement de leurs organes dirigeants et prononcé la dissolution de 118 autres structures en invoquant le non-respect de la législation en vigueur.
Dans un contexte de forte dégradation sécuritaire, plusieurs organisations internationales et associations bénéficiant de financements étrangers sont régulièrement accusées par les autorités de mener des activités incompatibles avec les intérêts du pays, voire d’entretenir des liens avec des groupes armés. Des accusations que les organisations concernées rejettent généralement.
L’instauration de cette accréditation traduit la volonté de la junte de renforcer son contrôle sur les acteurs non étatiques présents au Burkina Faso, tout en poursuivant sa politique de souveraineté engagée depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022.