Cette élection intervient un mois après l’échec de la tentative de coup d’État qui a secoué le pays et se tient à quelques mois de la présidentielle prévue en avril.
Un mois après l’échec d’une tentative de coup d’État, les électeurs béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier pour des élections législatives et locales. Un rendez-vous électoral crucial, qui intervient dans un climat politique sensible, à quelques mois de la présidentielle prévue en avril. Début décembre, des éléments militaires avaient tenté de renverser le président Patrice Talon, avant d’être rapidement neutralisés par l’armée béninoise, avec l’appui du Nigeria et de la France.

Une majorité présidentielle en position de force
Le bloc présidentiel, qui regroupe trois formations politiques, aborde ce scrutin avec l’ambition de consolider son assise parlementaire. Il détient actuellement 81 des 109 sièges à l’Assemblée nationale. Ces législatives, organisées en un seul tour, constituent par ailleurs le seul scrutin auquel le principal parti d’opposition, Les Démocrates, est autorisé à prendre part. En revanche, cette formation est absente des élections communales organisées le même jour, tout comme de la présidentielle d’avril, faute de parrainages suffisants.
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Une opposition fragilisée par le Code électoral
Plusieurs analystes estiment que le cadre électoral actuel complique sérieusement les chances de l’opposition d’accéder à l’Assemblée. Pour obtenir des sièges, les partis doivent recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions du pays, un seuil jugé difficilement atteignable. «Ce verrou électoral paraît presque infranchissable», observe le politologue béninois Joël Atayi Guèdègbé, qui souligne également les divisions internes récentes au sein des Démocrates, moins unis qu’en 2023, année où le parti avait remporté 28 sièges.
Une campagne de proximité et un enjeu de participation
La campagne électorale s’est déroulée sans grands rassemblements populaires. De nombreux partis ont privilégié le contact direct avec les électeurs, notamment à travers le porte-à-porte. Une stratégie appréciée par certains citoyens. «Les candidats viennent discuter avec nous, c’est plus concret», témoigne Assanatou Toko, électrice de 31 ans.
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La participation reste toutefois une inconnue majeure. Les précédentes législatives de 2019 et 2023 avaient enregistré des taux de mobilisation de 27 % et 37 %. «Malgré tout, le caractère pluraliste du scrutin pourrait inciter davantage d’électeurs à voter», espère M. Guèdègbé.
Notre Afrik avec AFP








