Au Sénégal, les autorités ont appliqué des prélèvements sur les rémunérations du mois de février de plusieurs enseignants engagés dans un mouvement de grève. L’information, confirmée à l’AFP par des représentants syndicaux et des responsables gouvernementaux, suscite de vives réactions. L’exécutif invoque pour sa part le cadre légal encadrant l’exercice du droit de grève pour justifier ces retenues.
entre 35 000 et 281 000 francs CFA. Il affirme que certains enseignants non grévistes, ainsi que des femmes en congé de maternité, auraient également été concernés par ces mesures, bien qu’ils ne participent pas au mouvement.
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Selon les syndicats, les montants prélevés atteignent parfois plus du tiers du salaire mensuel. À titre indicatif, un enseignant contractuel perçoit entre 250 000 et 300 000 francs CFA, tandis que la rémunération d’un titulaire peut atteindre 800 000 francs CFA.
Le gouvernement défend la légalité des mesures
Invité de la chaîne privée Wal Fadjri, le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, a soutenu que ces retenues s’inscrivent dans le respect des règles relatives au droit de grève.
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Il a par ailleurs assuré que le dialogue avec les syndicats restait ouvert, tout en soulignant que la satisfaction immédiate de toutes les revendications risquerait de fragiliser davantage les finances publiques.
Un mouvement porté par le G7
Les enseignants affiliés au G7, une coalition regroupant les principales organisations syndicales de l’enseignement moyen et secondaire, observent depuis quatre mois des arrêts de travail intermittents.
Ils exigent la mise en œuvre d’engagements conclus avec l’administration de l’ancien président Macky Sall (2012-2024). Ces accords restent, selon eux, partiellement appliqués sous l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en avril 2024 dans un contexte économique tendu.
Un contexte économique sous forte pression
Le pays fait face à des difficultés budgétaires. Le déficit public avoisine 14 % du produit intérieur brut, tandis que la dette globale du secteur public et parapublic est estimée provisoirement à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024.
Les nouvelles autorités accusent l’administration précédente d’avoir présenté des données inexactes concernant certains indicateurs majeurs, notamment l’endettement et le déficit.
Notre Afrik avec AFP