La procureure d’Abidjan a requis, vendredi 27 février, une peine de trois ans d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de Calice Yapo, secrétaire exécutif en chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition en Côte d’Ivoire. Il lui est reproché des faits de « trouble à l’ordre public » et de «jet de discrédit sur les décisions de justice».
avec sursis, le ministère public a également sollicité une amende de 500 000 euros.
Des critiques liées à une invalidation électorale
Les poursuites trouvent leur origine dans des déclarations faites par M. Yapo à la suite de l’annulation, en janvier, de l’élection du député Hervé Alliali. Cette décision avait été prise par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, après une requête introduite par des adversaires politiques invoquant de présumées irrégularités lors des législatives de décembre.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
Lors de ces élections du 27 décembre, le PDCI avait obtenu 32 sièges. Le scrutin avait été largement dominé par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la formation du président Alassane Ouattara, qui avait remporté près de 80 % des sièges.
La défense rejette toute attaque contre les institutions
À la barre, Calice Yapo, vêtu de noir, a contesté les accusations portées contre lui. L’ancien ministre a assuré n’avoir «en aucun cas» mis en cause les institutions ni le Conseil constitutionnel, rappelant par ailleurs qu’il n’avait jamais eu de démêlés avec la justice.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Son avocat, Me Luc Kacou Adje, a soutenu que les propos incriminés visaient exclusivement les adversaires politiques à l’origine de la procédure d’invalidation et non les juridictions du pays. Selon lui, aucune preuve tangible de la culpabilité de son client n’a été apportée au cours des débats. À l’issue de l’audience, l’avocat a dénoncé devant la presse une peine «inappropriée», qualifiant la procédure de «procès forcément politique».
Un contexte politique tendu
Cette affaire intervient quelques mois après l’arrestation, en novembre, de Soumaïla Bredoumy, porte-parole du PDCI, poursuivi notamment pour «actes terroristes» et «complot». Il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 7 janvier.
Quant à Hervé Alliali, dont l’élection avait été annulée le 9 janvier dans la circonscription de Toumodi, il a finalement retrouvé son siège le 21 février à l’issue d’un scrutin partiel organisé après l’invalidation. Le verdict dans le dossier Calice Yapo est attendu le 27 mars.