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Gouvernement El Mansouri : 207 sièges sur 395, sans le RNI

Fatima Ezzahra El Mansouri, en veste bleu marine et lunettes, s'exprimant au pupitre devant des micros, pour illustrer la formation du gouvernement El Mansouri

Quinze jours après sa nomination, la cheffe du gouvernement marocain Fatima Ezzahra El Mansouri a rendu compte au roi Mohammed VI, le mercredi 14 octobre 2026 au Palais royal de Rabat, de l’avancée de ses consultations. Le futur gouvernement El Mansouri s’appuiera sur quatre partis qui totalisent 207 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants, d’après les résultats provisoires des législatives annoncés par le ministère de l’Intérieur. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), deuxième force de la Chambre, n’en fait pas partie.

Selon les comptes rendus de l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP) repris par la presse marocaine, Fatima Ezzahra El Mansouri a informé le souverain des étapes franchies dans la formation de l’exécutif. Le roi a jugé que la période à venir exige une mobilisation accrue et une « action gouvernementale sérieuse et responsable ». Aucune liste de ministres n’a été rendue publique à cette occasion, ni dans les heures qui ont suivi : au 15 octobre, la composition du gouvernement restait à annoncer.

Une première femme cheffe du gouvernement, nommée le 29 septembre

La nomination remonte au mardi 29 septembre 2026. Le ministère de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie a annoncé ce jour-là que le roi avait nommé la coordinatrice de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité (PAM) cheffe du gouvernement, en application de l’article 47 de la Constitution, et l’avait chargée de former la nouvelle équipe. Ministre sortante de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, elle est la première femme à occuper cette fonction au Maroc. Le communiqué officiel ne le souligne pas ; c’est la presse marocaine et internationale qui l’a relevé.

Gouvernement El Mansouri : l’arithmétique des 207 sièges

Le lundi 12 octobre 2026, le Parti authenticité et modernité (PAM) et ses partenaires ont rendu publique, dans un communiqué conjoint, la formation d’une majorité avec le Parti de l’Istiqlal (PI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), selon le communiqué publié le lendemain sur le portail officiel Maroc.ma. Les partenaires s’y engagent à proposer des ministres répondant « aux critères de compétence, de sens politique, d’intégrité et de probité » et à élaborer le programme gouvernemental « dans les meilleurs délais ». Le texte ne donne aucun chiffre de sièges.

Le total se déduit des résultats des législatives du 23 septembre 2026 publiés par le ministère de l’Intérieur : le PAM a obtenu 97 sièges, l’Istiqlal 65, l’USFP 26 et le PPS 19, soit 207 élus. La majorité absolue étant de 198 sièges sur 395, la coalition dispose, selon ce calcul de la rédaction, d’une marge de neuf sièges. Le départ de son plus petit partenaire, le PPS, la ferait passer sous ce seuil. La participation s’est établie à 38,08 %, selon le ministère de l’Intérieur.

Cette marge compte pour l’étape suivante. Aux termes de l’article 88 de la Constitution, le gouvernement nommé présente son programme devant les deux chambres du Parlement réunies, et son investiture requiert la confiance de la majorité absolue des membres de la Chambre des représentants.

Le RNI d’Akhannouch dans l’opposition

Le fait politique de la séquence est la mise à l’écart du RNI, parti du chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch, arrivé deuxième avec 66 sièges. Le PAM, le RNI et l’Istiqlal gouvernaient ensemble depuis 2021. Selon Maghreb Émergent, le conseil national du RNI s’était dit, le 3 octobre 2026, disposé « à participer au prochain gouvernement ». Le même jour, selon Hespress repris par Maghreb Émergent, Hicham El Mhajri, membre du bureau politique du PAM, s’était opposé à une nouvelle participation du RNI au gouvernement.

Le communiqué de la nouvelle majorité ne motive pas ce choix. Il évoque une « une analyse approfondie des expériences gouvernementales antérieures », formule que la presse marocaine interprète comme une volonté de se démarquer du bilan de l’équipe sortante. Le président du RNI, Mohamed Chaouki, a promis le 13 octobre, selon Hespress, une opposition « forte, responsable et constructive ». Hors coalition siègent aussi le Parti de la justice et du développement (PJD), avec 54 sièges, et le Mouvement populaire (MP), qui en compte 29.

Restent à connaître la répartition des portefeuilles, que plusieurs médias marocains décrivent en citant des sources non officielles, et le programme gouvernemental.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Fatima Ezzahra El Mansouri, première cheffe du gouvernement · Législatives au Maroc : le PAM 1er avec 97 sièges sur 395 · Fatima Ezzahra El Mansouri : biographie, parcours et nomination comme cheffe du gouvernement

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