Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Législatives au Maroc : le PAM 1er avec 97 sièges sur 395

Siège du Parlement à Rabat, où siégeront les 395 députés issus des législatives au Maroc de 2026

Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête des législatives au Maroc du 23 septembre 2026, avec 97 sièges sur 395, selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti du chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch, tombe de 102 à 66 sièges. Le Parti de la justice et du développement (PJD), laminé en 2021, remonte de 13 à 54. La participation, autour de 38 %, est la plus faible depuis 2007.

Les résultats provisoires, parti par parti

La répartition annoncée par le ministère de l’Intérieur est la suivante : PAM 97, RNI 66, Istiqlal 65, PJD 54, Mouvement populaire 29, Union socialiste des forces populaires (USFP) 26, Parti du progrès et du socialisme (PPS) 19, Union constitutionnelle 17. Suivent le Mouvement démocratique et social (MDS) et l’Alliance de la gauche avec 8 sièges chacun, puis quatre petites formations avec 1 ou 2 sièges.

Ces chiffres restent provisoires. Le nombre de voix par parti n’a pas été publié, et les recours devant la Cour constitutionnelle peuvent encore modifier la répartition.

La Chambre des représentants compte 395 membres : 305 élus dans des circonscriptions locales et 90 dans des circonscriptions régionales, sur des listes exclusivement féminines. Le scrutin est proportionnel au plus fort reste. La majorité absolue est à 198 sièges.

Une recomposition plutôt qu’un bouleversement

Le PAM gagne une dizaine de sièges par rapport à 2021 et passe de la deuxième à la première place. Il n’arrive pas de l’opposition : il gouvernait déjà, dans la coalition sortante formée avec le RNI et l’Istiqlal.

Le vrai mouvement est ailleurs. Le RNI perd 36 sièges, plus d’un tiers de son groupe. Selon le média Atalayar, il paie un vote sanction contre la gestion sortante. L’Istiqlal recule à 65 sièges, juste derrière lui.

Le PJD, qui avait dirigé le gouvernement de 2011 à 2021, avait chuté de 125 sièges en 2016 à 13 en 2021. Il en retrouve 54 : quatre fois plus, sans revenir à son niveau d’il y a dix ans. Le Desk y voit la surprise du scrutin.

Législatives au Maroc : environ 38 % de participation

Le ministère annonce 38,08 % de participation dans ses résultats consolidés. Un chiffre de 38,02 % avait été donné à la clôture des bureaux. En 2021, quand les législatives étaient couplées aux élections communales et régionales, la participation avait dépassé 50 %.

Les listes comptaient 15 801 162 inscrits. Environ 6 millions de Marocains ont donc désigné les 395 députés, alors que l’agence Reuters estime à environ 27 millions le nombre de Marocains en âge de voter. Avant le scrutin, les données officielles montraient que les 18-24 ans ne pesaient que 4 % des inscrits, contre plus de 29 % pour les plus de 60 ans. Une jeunesse qui, comme nous l’écrivions en août, cherche souvent son avenir hors du pays.

La participation a été très inégale. Elle atteint 77 % à Laâyoune-Sakia El Hamra, 61 % à Dakhla-Oued Ed-Dahab et 53 % à Guelmim-Oued Noun. Le ministre y a vu un témoignage d’« attachement à leur marocanité ». Ces régions couvrent le Sahara occidental, territoire non autonome selon l’Organisation des Nations unies (ONU) et administré par le Maroc, dont nous avons suivi le dossier devant le Conseil de sécurité.

La suite : le roi nomme, la coalition reste à former

La Constitution de 2011 impose au roi Mohammed VI de nommer le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête. Le PAM est dirigé par une direction collégiale de trois coordinateurs. Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat et maire de Marrakech, s’est exprimée devant la presse au nom du parti. Aucun nom n’est officiel à ce stade.

Arithmétiquement, la coalition sortante peut se reconduire : PAM, RNI et Istiqlal totalisent 228 sièges, au-dessus des 198 requis. Politiquement, rien n’est fait. Le RNI devra accepter de servir sous son ancien partenaire, et une alliance entre le PAM et le PJD, adversaires historiques, serait un renversement.

Le prochain gouvernement disposera d’une majorité parlementaire solide. Avec six inscrits sur dix restés chez eux, il devra reconstruire sa légitimité ailleurs qu’à la Chambre des représentants.

Articles similaires

Get the app