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Sahara occidental : 6 semaines avant l’échéance MINURSO

Des véhicules des Nations unies à Laâyoune, au Sahara occidental, où la MINURSO est déployée

« Concernant le Sahara occidental, nous soulignons la nécessité de progresser vers une résolution durable et mutuellement acceptable, conforme à la résolution 2797 du Conseil de sécurité. » Par ce message publié le 15 septembre 2026, Massad Boulos, conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, a réaffirmé la ligne de Washington — sans employer, cette fois, les mots « souveraineté marocaine ». La déclaration tombe à six semaines de l’expiration du mandat de la MINURSO, le 31 octobre.

Ce qu’a dit Massad Boulos, et ce qu’il n’a pas dit

Le message fait suite à un entretien avec Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques, portant aussi sur la Libye et le Soudan.

Sur le Sahara, la formule retenue est celle du droit onusien : une solution « durable et mutuellement acceptable », « conforme à la résolution 2797 ». C’est une référence au cadre du Conseil de sécurité, et non une déclaration d’équidistance — il faut le préciser, car les deux lectures circulent.

Adoptée le 31 octobre 2025 à l’initiative des États-Unis par onze voix pour et aucune contre, la résolution 2797 a marqué un tournant : pour la première fois, le Conseil de sécurité a qualifié l’autonomie sous souveraineté marocaine, proposée par Rabat en 2007, de « base la plus sérieuse » d’un règlement, et appelé les parties à négocier sur ce fondement. Le Front Polisario et l’Algérie contestent cette lecture et continuent de réclamer un référendum d’autodétermination.

Invoquer la 2797 n’est donc pas neutre. Mais l’absence des mots « souveraineté marocaine » dans le message de M. Boulos constitue une nuance de vocabulaire par rapport aux déclarations américaines d’avril et de juillet. Nous la rapportons ; nous nous gardons de la surinterpréter. Un message sur un réseau social n’est pas un communiqué du département d’État, et l’économie de mots peut être circonstancielle.

L’échéance du 31 octobre

La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental a été créée en 1991 pour organiser une consultation qui n’a jamais eu lieu. Son mandat est renouvelé chaque année, et l’exercice est devenu le rendez-vous où se mesure l’état du rapport de force.

Le renouvellement de 2026 intervient un an après une résolution qui a déplacé le centre de gravité du dossier vers le plan marocain. La question n’est pas de savoir si la mission sera reconduite — elle l’est chaque année — mais dans quels termes, et avec quel mandat de négociation.

Le rôle que Washington assigne à l’Algérie

L’élément le plus notable de la position américaine est l’insistance sur une « implication constructive de l’Algérie ».

Alger soutient le Front Polisario et se présente comme une partie observatrice, non comme une partie au conflit. Faire de sa participation une condition du progrès revient à la désigner comme un acteur dont l’accord est nécessaire — ce que Rabat plaide de longue date, et qu’Alger refuse.

Cette formulation, répétée, est en soi un déplacement : elle ne tranche pas sur le fond, mais elle inscrit l’Algérie dans le périmètre de la négociation.

Deux points que nous n’avons pas pu vérifier

Nous les signalons plutôt que de les reprendre à notre compte.

Le chiffre de « plus de 120 pays » soutenant le plan d’autonomie marocain est un décompte marocain, que nous n’avons pas pu recouper auprès d’une source indépendante. Il est attribué, pas validé.

La chronologie d’une visite de M. Boulos à Alger est confuse dans les reprises : un texte la situe deux jours après la déclaration, mais les photographies qui l’accompagnent sont datées de janvier 2026, et une légende y qualifie Abdelmadjid Tebboune de « Premier ministre » alors qu’il est président — le chef du gouvernement algérien est Sifi Ghrieb. Nous ne datons donc pas cette visite.

Enfin, le détail du vote de la 2797 mérite attention : onze voix pour et aucune contre, sur quinze membres. Les abstentions et non-participations — dont celle de l’Algérie — ne sont pas détaillées dans les reprises que nous avons consultées.

À lire également : Maroc-Guinée : ce que la commission mixte engage autour de Simandou.

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