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Maroc Guinée : 25 accords et une offre sur Simandou

Commission mixte Maroc Guinée à Conakry, coopération bilatérale

La huitième session de la Commission mixte de coopération Maroc-Guinée s’est tenue le 8 septembre 2026 à Conakry, coprésidée par les ministres des Affaires étrangères Nasser Bourita et Morissanda Kouyaté. À l’ouverture, le chef de la diplomatie guinéenne a réaffirmé le soutien de son pays à la position marocaine sur le Sahara occidental. La déclaration s’inscrit dans une séquence économique dense : 25 accords signés et une proposition marocaine de participer au programme Simandou 2040.

La position guinéenne n’est pas nouvelle. Ce qui l’est davantage, c’est l’ampleur du partenariat économique qui l’accompagne désormais.

Ce qui a été dit

Selon la dépêche de l’agence marocaine MAP, largement reprise, Morissanda Kouyaté a déclaré que son pays « soutient l’autonomie sous souveraineté marocaine comme l’unique solution à ce différend, telle que préconisée par le Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Il a ajouté que « l’ouverture du consulat général de la République de Guinée à Dakhla constitue l’expression concrète de cette position de principe ». Nasser Bourita a exprimé « les remerciements et la gratitude du gouvernement du Royaume du Maroc pour l’appui inconditionnel » de la Guinée.

Le terme de « marocanité du Sahara », employé par le ministre guinéen, est la terminologie officielle marocaine. L’Organisation des Nations unies désigne le territoire comme « Sahara occidental » et le classe parmi les territoires non autonomes, dont le statut final n’est pas réglé.

Une position ancienne, et stable

La Guinée figure parmi les premiers États africains à avoir ouvert une représentation consulaire dans les provinces administrées par le Maroc : son consulat général de Dakhla a été inauguré en janvier 2020, quelques semaines après celui des Comores à Laâyoune.

Cette position a traversé le changement de régime de septembre 2021. Le président Alpha Condé l’avait adoptée ; le général Mamadi Doumbouya l’a maintenue. Morissanda Kouyaté l’avait déjà réaffirmée dans les mêmes termes le 20 mai 2026 à Rabat.

La déclaration du 8 septembre n’est donc pas une évolution diplomatique. C’est une confirmation, dans un format qui appelle ce type d’élément de langage.

Un dossier qui reste juridiquement ouvert

En droit international, le Sahara occidental demeure un différend non réglé. La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) y est déployée depuis 1991. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie et reconnu par plusieurs dizaines d’États, revendique l’indépendance.

Le plan d’autonomie marocain, proposé en 2007, a gagné un soutien croissant : États-Unis en décembre 2020, Espagne en mars 2022, France en juillet 2024, Royaume-Uni en juin 2025, puis une majorité d’États membres de l’Union européenne. Rabat présente la résolution du Conseil de sécurité d’octobre 2025 comme consacrant l’autonomie comme base de négociation ; le Polisario et l’Algérie contestent cette lecture.

En Afrique, la ligne de fracture est ancienne. L’Union africaine compte la République arabe sahraouie démocratique parmi ses membres depuis 1984 — ce qui avait provoqué le retrait du Maroc, revenu dans l’organisation en 2017. Les soutiens africains à Rabat se concentrent en Afrique de l’Ouest et centrale francophones ; l’Afrique du Sud, l’Algérie et le Nigeria soutiennent le Polisario ou une position d’équidistance.

Aucune réaction algérienne ou sahraouie à cette déclaration précise n’a été trouvée.

Vingt-cinq accords, et une offre sur Simandou

La séquence économique est la véritable nouveauté. La Commission mixte s’est conclue par la signature de 25 accords de coopération couvrant notamment l’économie, les finances, le transport aérien, les douanes, l’agriculture, l’énergie, le tourisme, la justice, la santé, les ports, l’habitat, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.

Le Maroc a surtout proposé de contribuer au programme Simandou 2040, la stratégie de transformation économique portée par Mamadi Doumbouya autour de l’exploitation du gisement de fer et de la diversification de l’économie guinéenne. Le chef de l’État guinéen y a fixé cinq exigences non négociables, tandis que la mine elle-même vise 120 millions de tonnes par an à terme.

Rabat identifie plusieurs domaines où il pourrait apporter son expérience : infrastructures stratégiques, sécurité, pêche, santé, transformation industrielle et agricole, sécurité alimentaire, formation, eau et énergie.

Le même jour, Mamadi Doumbouya a reçu Nasser Bourita, porteur d’un message du roi Mohammed VI.

Ce que chacun y trouve

Pour Conakry, l’alignement sur Rabat s’inscrit dans une relation dense : formation de cadres, présence de groupes bancaires marocains dans le système financier guinéen, coopération en matière de pêche et d’engrais. La partie guinéenne a également salué l’avancement du projet de gazoduc africain-atlantique, auquel la Guinée est associée.

Le Maroc a par ailleurs été l’un des rares pays à ne pas prendre ses distances avec les autorités guinéennes après septembre 2021.

La Commission mixte de Conakry, tenue quelques jours après le cinquième anniversaire du coup d’État, est aussi une manière pour Rabat de marquer sa reconnaissance du nouvel ordre constitutionnel guinéen — et pour Conakry de montrer qu’il n’est pas isolé.

Une constante de la stratégie africaine du Maroc

La séquence illustre un principe que Rabat applique depuis une décennie : le dossier du Sahara occidental n’avance pas séparément des relations économiques, mais avec elles.

La Guinée en est un cas particulièrement lisible. Elle soutient explicitement la position marocaine, accueille une représentation consulaire à Dakhla, et cherche parallèlement des partenaires pour financer et accompagner sa transformation économique. Vingt-cinq accords en une seule session, et une offre sur le plus grand chantier minier du pays.

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