Le Guichet unique du commerce extérieur a remporté le Super Prix de la 8e édition du Prix d’excellence de la gouvernance et de la performance des entreprises publiques, le mercredi 9 septembre 2026 à Abidjan. La sélection repose sur 74 critères. Aucun d’entre eux n’a été rendu public.
Le palmarès du prix de la gouvernance ivoirien
La cérémonie s’est tenue au Sofitel Hôtel Ivoire, à Cocody, sous la présidence de la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, Mariatou Koné. L’initiative est portée par son ministère, à travers la Direction générale du Portefeuille de l’État.
Le GUCE-CI cumule les distinctions : le Super Prix, assorti d’un trophée et de 10 millions de FCFA, le premier prix de la performance économique et financière des entreprises publiques marchandes — devant la Société ivoirienne de raffinage et la Banque nationale d’investissement — et le deuxième prix de l’efficacité du conseil d’administration.
L’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques s’est classée en tête de sa catégorie, devant l’Office national de l’état civil et de l’identification. La Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire a reçu le prix d’encouragement, et Air Côte d’Ivoire celui de l’efficacité de son conseil d’administration.
Précision nécessaire : plusieurs reprises désignent l’AIGF comme « Agence ivoirienne de gestion des fonds ». Il s’agit de l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques — un régulateur du spectre, et non un gestionnaire de fonds publics. L’orthographe est confirmée par l’Agence ivoirienne de presse, Fraternité Matin et le site de l’agence.
Une contradiction dans les comptes rendus
Les sources ne s’accordent pas sur la catégorie où l’AIGF a été primée. L’Agence ivoirienne de presse la classe parmi les entreprises non commerciales, devant l’ONECI. Fraternité Matin et plusieurs reprises la situent dans la catégorie des entreprises commerciales, au titre de la performance économique et financière.
Ce n’est pas un détail de nomenclature. Une agence de régulation du spectre perçoit des redevances d’assignation de fréquences : selon qu’on la traite comme un opérateur marchand ou comme un démembrement administratif, les indicateurs de performance financière n’ont ni le même sens ni la même exigence.
Ce que mesure un prix de gouvernance
L’existence d’un dispositif d’évaluation annuelle des entreprises publiques est, en soi, un progrès de méthode. Peu d’États de la sous-région en disposent, et la Côte d’Ivoire enregistre par ailleurs des progrès mesurés sur l’indice de perception de la corruption.
Un point mérite toutefois d’être relevé sur la construction du dispositif. Le 30 avril 2026, un séminaire de validation des critères s’est tenu à Abidjan, réunissant la Direction générale du Portefeuille de l’État, les membres du jury et les entreprises publiques elles-mêmes, afin de définir conjointement les critères d’évaluation.
Associer les entités évaluées à la définition des critères n’est pas illégitime : cela favorise l’appropriation et garantit que les indicateurs soient applicables. Mais cela pose une question que le dispositif devrait trancher publiquement. Un référentiel co-construit avec les évalués mesure ce que les évalués acceptent d’être mesurés.
La réponse tiendrait en trois publications : la grille des 74 critères et leur pondération, la composition du jury, et les notes obtenues par chaque entreprise évaluée — pas seulement par les lauréates.
Tant que ces éléments ne sont pas accessibles, un observateur extérieur ne peut pas distinguer un exercice d’évaluation d’un exercice de valorisation.
Pourquoi cette exigence a une portée concrète
La Côte d’Ivoire est un émetteur régulier sur les marchés obligataires régionaux et internationaux. La crédibilité de son secteur public entre dans l’appréciation de sa signature, et chaque signal de bonne gestion y contribue — dans une sous-région où les États se financent de plus en plus sur le marché régional.
Or la performance du portefeuille reste inégale. Plusieurs entreprises publiques ivoiriennes, notamment dans l’énergie, les transports et l’agriculture, affichent des résultats contrastés qui obligent l’État à intervenir.
Un prix d’excellence récompense par construction ceux qui vont bien. L’information dont un investisseur, un contribuable ou un journaliste a besoin porte sur ceux qui vont mal — et c’est précisément celle que le palmarès ne donne pas.
La distinction attribuée au GUCE-CI et à l’AIGF vaut comme signal. Elle ne vaut pas comme bilan du portefeuille de l’État.
Sources
- Agence ivoirienne de presse, 10 septembre 2026 : palmarès et catégories.
- Agence ivoirienne de presse, 30 avril 2026 : séminaire de validation des critères.
- Fraternité Matin et allAfrica, 10-11 septembre 2026 : palmarès et mention des 74 critères.
- La grille des critères, leur pondération et les notes par entreprise n’ont pas été publiées à la date de rédaction.








