La transition énergétique s’accélère sur le continent africain. Le Ghana, les Seychelles et São Tomé-et-Príncipe présenteront leurs stratégies d’investissement lors de la conférence « Power Africa Today », organisée dans le cadre de l’African Energy Week (AEW) 2026, prévue au Cap du 12 au 16 octobre. Trois pays, trois modèles distincts — mais un même cap : passer de la conception des politiques à des projets bancables, prêts à être financés.
Transition énergétique : trois stratégies nationales, un même objectif
Le Ghana mise sur une approche intégrée combinant relance pétrolière et modernisation du réseau. Une campagne d’investissement de 3,5 milliards de dollars (≈ 2 190 milliards de FCFA) est en cours, articulée autour d’un accord de 1,5 milliard de dollars avec Eni et d’un accord-cadre de 2 milliards de dollars avec Jubilee Partners. L’objectif : stabiliser la production d’hydrocarbures pour les recettes d’exportation et les besoins énergétiques nationaux. En parallèle, l’Electricity Company of Ghana conduit un programme de 182 millions de dollars (≈ 114 milliards de FCFA) dédié à la modernisation du réseau électrique et à l’efficacité énergétique. La livraison de pétrole brut Jubilee à la raffinerie de Sentuo, à Tema, marque une première étape vers le renforcement des capacités de raffinage nationales et la réduction des importations.
Les Seychelles misent sur un modèle adapté aux petits États insulaires. Leur « Programme accéléré d’énergies renouvelables » vise une pénétration des renouvelables de 15 % d’ici 2030, grâce à la modernisation du réseau et à des structures d’investissement à risque réduit. La modernisation de la centrale de Roche Caiman complète ce dispositif, dans le cadre d’une diversification économique portée par l’économie bleue. São Tomé-et-Príncipe, de son côté, bénéficie d’une subvention de 24,5 millions de dollars (≈ 15,4 milliards de FCFA) de la Banque africaine de développement, dans le cadre d’un programme de transition du diesel vers les énergies renouvelables. Un portefeuille de 72 millions d’euros appuyé par la BAD, des concessions hydroélectriques sur la rivière Adabe et un projet solaire à Água Casada sont en cours de structuration via des partenariats public-privé. La stabilisation macroéconomique du pays, soutenue par une facilité de crédit prolongée du FMI, renforce l’attractivité de cet environnement d’investissement.
Des projets bancables pour attirer les capitaux privés
« Partout en Afrique, les gouvernements passent résolument de la conception des politiques à leur mise en œuvre, transformant ainsi leurs ambitions en actions concrètes sur le terrain », souligne NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. « Les investisseurs répondent à cette dynamique en soutenant des projets énergétiques clairement structurés et bancables. » Les ministres de l’Énergie du Ghana, des Seychelles et de São Tomé-et-Príncipe prendront la parole lors de la session « Power Africa Today » pour exposer directement leurs stratégies aux investisseurs internationaux. L’AEW 2026 s’impose ainsi comme la plateforme de référence pour accélérer la concrétisation des projets et débloquer de nouveaux flux de capitaux à travers le continent.
À lire aussi :
- Gabon : 300 milliards FCFA recherchés auprès de la Banque mondiale
- Énergie verte : 10 pays africains en tête en 2025
Avec APO Group.