Selon des documents des Nations unies, le Niger a transmis son instrument de retrait le 18 juin, avant d’être rejoint quelques jours plus tard par le Burkina Faso et le Mali. Conformément aux règles de la CPI, la sortie des trois
États prendra effet un an après ces notifications officielles.
Les trois États dénoncent une justice «politisée»
Les autorités des trois pays justifient leur décision par une perte de confiance envers la juridiction internationale. Dans leurs notifications, elles estiment que la Cour s’est éloignée de sa mission initiale en devenant, selon leurs termes, un instrument utilisé à des fins politiques.
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Le Mali dénonce une justice internationale dont le fonctionnement serait influencé par des considérations politiques. Le Burkina Faso considère, pour sa part, que la Cour ne garantit plus l’impartialité qui devait guider son action, tandis que le Niger évoque un détournement de la vocation de l’institution.
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Cette décision s’inscrit dans la ligne politique adoptée par les trois régimes militaires, qui revendiquent une approche fondée sur la souveraineté nationale et multiplient les prises de distance avec plusieurs organisations internationales depuis leur rapprochement au sein de l’AES.
Les ONG redoutent un recul de la lutte contre l’impunité
La Cour pénale internationale a indiqué avoir pris acte de ces retraits avec préoccupation. Plusieurs organisations de défense des droits humains craignent que cette décision ne réduise les possibilités de poursuites pour les auteurs des crimes les plus graves.
Amnesty International estime que ce départ pourrait priver de nombreuses victimes d’un recours à la justice internationale, tandis que Human Rights Watch appelle les États africains et les autres membres de la CPI à convaincre les trois pays de revenir sur leur décision.
Créée en 2002, la Cour pénale internationale est compétente pour juger les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas engager de poursuites.
Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger intervient alors que les trois pays restent confrontés à une insécurité persistante liée aux groupes jihadistes. Parallèlement, leurs forces armées font régulièrement l’objet d’accusations de violations des droits humains contre des populations civiles, accusations que les autorités contestent.
Notre Afrik avec AFP