Les autorités lui reprochent de ne pas garantir l’accès gratuit aux chaînes de la télévision publique burkinabè pour ses abonnés installés dans le pays. Cette décision intervient dans un contexte de contrôle renforcé du secteur des médias par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré.
Selon le régulateur burkinabè, Canal+ n’aurait pas respecté les engagements prévus dans
une convention conclue avec les autorités nationales. Depuis février 2024, l’opérateur est tenu d’assurer en permanence l’accès aux chaînes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), y compris pour les abonnés dont les formules payantes ont expiré.
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Le CSC estime que cette disposition vise à garantir l’accès de tous les citoyens à l’information publique, quelle que soit leur situation d’abonnement.
Des avertissements restés sans effet
Avant de prononcer cette sanction financière, l’instance de régulation affirme avoir accordé plusieurs délais à Canal+ afin de résoudre les difficultés techniques signalées.
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Une mise en demeure avait notamment été adressée au groupe en avril 2025. Malgré ces démarches, les autorités indiquent avoir constaté la poursuite des restrictions empêchant certains abonnés d’accéder aux chaînes nationales. Le CSC a accordé un nouveau délai de trente jours à l’entreprise pour se conformer à ses obligations.
Le risque de sanctions plus sévères
Les responsables de la régulation préviennent que d’autres mesures pourraient être prises si les manquements persistent. Les autorités évoquent la possibilité de sanctions de niveau supérieur en cas de non-respect continu des engagements liés à la diffusion des médias publics sur le territoire burkinabè.
Cette affaire illustre la volonté du gouvernement de renforcer le contrôle des opérateurs audiovisuels exerçant dans le pays.
Un climat tendu entre le Burkina Faso et les médias étrangers
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la suite du coup d’État de septembre 2022, plusieurs médias internationaux ont été suspendus ou interdits de diffusion.
Les autorités accusent régulièrement certaines chaînes et radios étrangères de diffuser des informations jugées inexactes ou nuisibles à l’image du pays, notamment concernant la situation sécuritaire.
Parmi les médias concernés figurent notamment RFI et France 24, dont les programmes ne sont plus accessibles au Burkina Faso.
Une politique médiatique de plus en plus restrictive
Plus récemment, la chaîne TV5 Monde a également été sanctionnée par les autorités burkinabè. Les responsables du pays lui reprochent des contenus considérés comme relevant de la désinformation et de l’apologie du terrorisme dans sa couverture des violences jihadistes au Sahel. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de contrôle de l’information menée par la junte militaire.
Les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse dénoncent régulièrement les restrictions imposées aux médias et aux voix critiques, alors que le Burkina Faso reste confronté à une insécurité persistante liée aux attaques des groupes armés jihadistes.
Une question au cœur de la souveraineté médiatique
Pour les autorités burkinabè, l’accès aux chaînes publiques constitue un enjeu stratégique de souveraineté et d’information nationale. La sanction infligée à Canal+ apparaît ainsi comme un signal adressé à l’ensemble des opérateurs audiovisuels présents sur le marché burkinabè, invités à respecter strictement les règles définies par le régulateur national.