Xénophobie en Afrique du Sud : plus de 260 Nigérians quittent le pays

Xénophobie en Afrique du Sud : plus de 260 Nigérians quittent le pays

L’Afrique du Sud a procédé au rapatriement volontaire d’un premier groupe de 268 ressortissants nigérians en situation irrégulière, alors que plusieurs régions du pays sont secouées depuis plusieurs semaines par des manifestations hostiles aux immigrés.

Cette opération s’inscrit dans un programme plus large concernant près de 600 citoyens nigérians ayant accepté de retourner dans leur pays d’origine à la suite des contrôles renforcés menés par les autorités sud-africaines.

Une opération de retour encadrée par les autorités

Selon le ministère sud-africain de l’Intérieur, les personnes concernées ont embarqué à bord d’un vol spécial après avoir obtenu des documents de voyage provisoires délivrés par la représentation diplomatique nigériane.

Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité

Au total, 586 ressortissants nigérians sont visés par cette opération. Un second vol est d’ailleurs attendu dans les prochains jours afin de finaliser le processus de rapatriement.

Les autorités ont précisé que l’ensemble des personnes concernées ont été déclarées « indésirables » au regard de la législation migratoire sud-africaine. Cette décision leur interdit de revenir sur le territoire pendant une période de cinq ans.

Une mesure prise dans un contexte de forte pression migratoire

Ces départs interviennent alors que plusieurs villes sud-africaines connaissent une recrudescence des mouvements anti-immigration. Dans certaines localités, des groupes de manifestants réclament le renforcement des expulsions et dénoncent la présence d’étrangers qu’ils accusent de concurrencer les populations locales sur le marché de l’emploi.

📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP

Les mobilisations ont été particulièrement visibles dans certains quartiers populaires, zones commerciales et communautés minières où la question migratoire suscite de vifs débats.

Par endroits, ces manifestations ont dégénéré en affrontements et ravivé le souvenir des vagues de violences xénophobes qui ont marqué l’histoire récente de l’Afrique du Sud, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres.

Le gouvernement renforce sa politique migratoire

Face à cette situation, le ministre sud-africain de l’Intérieur, Leon Schreiber, défend une politique de contrôle plus rigoureuse des flux migratoires. Selon lui, les opérations de rapatriement et d’expulsion ont enregistré une hausse significative au cours des deux dernières années.

Lire : Afrique du Sud : marche après la promesse de Ramaphosa d’agir contre la xénophobie

Le gouvernement poursuit également plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion de l’identité et des frontières. Parmi les mesures annoncées figurent l’extension des autorisations électroniques de voyage, la généralisation progressive des cartes d’identité numériques et le développement d’un nouveau système national d’identification.

Tout en assumant le durcissement des contrôles, les autorités appellent toutefois les citoyens à ne pas mener eux-mêmes des actions contre les étrangers. Le ministre de l’Intérieur rappelle que l’application des lois migratoires relève exclusivement des institutions de l’État et doit se faire dans le respect des procédures légales.

Une question sensible en Afrique du Sud

La problématique migratoire demeure l’un des sujets les plus sensibles en Afrique du Sud. Confronté à un chômage élevé, à des inégalités persistantes et à une croissance économique limitée, le pays voit régulièrement émerger des tensions autour de la présence des ressortissants étrangers.

Pour de nombreux observateurs, la reprise des manifestations anti-immigrés illustre les difficultés socio-économiques auxquelles fait face le pays et les défis que les autorités devront relever pour éviter une nouvelle flambée de violences xénophobes.

Notre Afrik avec AFP

Articles similaires

Get the app