Afrique du Sud : marche après la promesse de Ramaphosa d’agir contre la xénophobie

Afrique du Sud : marche après la promesse de Ramaphosa d’agir contre la xénophobie

Des dizaines de personnes ont manifesté lundi dans un township situé près de Johannesburg, au lendemain de l’engagement du président sud-africain Cyril Ramaphosa à lutter contre les groupes accusés d’attiser les tensions xénophobes dans le pays.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des discours hostiles aux migrants et des violences visant les étrangers. Réunis dans le township de Kwa-Thema, à une quarantaine de kilomètres de Johannesburg, les manifestants ont réclamé un renforcement de la lutte contre l’immigration clandestine. Slogans, chants et pancartes hostiles aux migrants ont rythmé cette marche, organisée alors que plusieurs mouvements anti-immigration gagnent en visibilité à travers le pays.

Ramaphosa met en garde contre les appels à la violence

Dimanche soir, dans une allocution à la nation, Cyril Ramaphosa a reconnu les préoccupations d’une partie de la population concernant l’immigration irrégulière. Le chef de l’État a toutefois averti que les autorités ne toléreraient aucune tentative de justice populaire ni aucune incitation à la violence.

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Le président a affirmé que son gouvernement agirait contre les groupes qui exploitent les inquiétudes liées à l’immigration pour servir des intérêts politiques, personnels ou criminels. Une déclaration qui intervient alors que certaines organisations autoproclamées ont récemment lancé des appels demandant aux étrangers sans papiers de quitter le pays avant la fin du mois de juin.

Les manifestants maintiennent la pression

Malgré cette mise en garde présidentielle, les organisateurs de la mobilisation se disent encouragés par le fait que la question de l’immigration soit désormais au centre du débat national. Ils promettent de poursuivre leurs actions afin d’obtenir des mesures plus fermes de la part du gouvernement.

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D’autres manifestations similaires ont été signalées dans les provinces du Cap-Occidental et du Limpopo, illustrant l’ampleur croissante du mouvement anti-immigration dans plusieurs régions du pays.

Un climat de tension persistant

L’Afrique du Sud accueille plus de trois millions d’étrangers, soit un peu plus de 5 % de sa population. Dans un contexte de chômage élevé, dépassant les 30 %, les migrants sont régulièrement accusés par certains groupes de concurrencer les travailleurs locaux et de peser sur les services publics.

Lire : Xénophobie en Afrique du Sud : Pretoria fustige la communication du Ghana

Ces tensions ont déjà donné lieu à plusieurs vagues de violences xénophobes au cours des deux dernières décennies. La récente escalade a poussé de nombreux étrangers à chercher refuge ou à quitter le pays. Plusieurs États africains, dont le Ghana, le Mozambique, le Malawi et le Nigeria, ont d’ailleurs lancé des opérations de rapatriement pour leurs ressortissants.

Selon les autorités frontalières sud-africaines, près d’un millier de Ghanéens ont déjà quitté le territoire, tandis que les premiers rapatriements de ressortissants nigérians sont attendus dans les prochains jours.

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