Xénophobie en Afrique du Sud : Pretoria fustige la communication du Ghana

Xénophobie en Afrique du Sud : Pretoria fustige la communication du Ghana

Le gouvernement sud-africain a vivement réagi aux déclarations des autorités ghanéennes concernant le rapatriement de leurs ressortissants, dénonçant des informations jugées inexactes sur les violences visant les étrangers.

Cette sortie intervient alors que plusieurs pays africains organisent le retour volontaire de leurs citoyens face à la montée des tensions anti-immigrés en Afrique du Sud.

Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud est confrontée à une recrudescence de manifestations hostiles aux immigrés, accusés par certains groupes d’être responsables de la hausse du chômage et de la criminalité. Dans ce contexte, plusieurs États africains ont lancé des opérations de rapatriement de leurs ressortissants, parmi lesquels le Ghana, le Mozambique, le Malawi et le Nigeria.

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Samedi, le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a exprimé son mécontentement après la diffusion d’une vidéo montrant des ressortissants ghanéens célébrant leur retour à bord d’un vol affrété par Accra. Pretoria estime que certaines communications officielles du Ghana contribuent à alimenter une perception erronée de la situation.

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«Notre intention était simplement d’aider au rapatriement volontaire des ressortissants ghanéens dans des conditions humaines et dignes. Nous ne tolérerons plus des spectacles médiatiques reposant sur des informations incomplètes ou de la désinformation», a déclaré le chef de la diplomatie sud-africaine.

Pretoria conteste le bilan avancé par Accra

La réaction sud-africaine fait suite à une interview accordée par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Sam Okudzeto Ablakwa, qui a évoqué la mort de plusieurs ressortissants étrangers, notamment des Mozambicains et des Nigérians, lors des récentes violences.

Les autorités sud-africaines contestent toutefois une partie de ces affirmations. Selon Pretoria, deux ressortissants mozambicains ont effectivement trouvé la mort à Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental, lors d’incidents liés aux manifestations anti-étrangers. En revanche, aucun décès de ressortissants nigérians n’aurait été enregistré dans le cadre de cette vague de violences.

Parallèlement, le Ghana a procédé au rapatriement d’environ 350 de ses citoyens lors d’un second vol spécial, après une première opération ayant permis le retour de près de 300 personnes la semaine précédente.

Une montée des tensions qui inquiète la région

Les violences les plus marquantes ont été signalées à Mossel Bay, ville côtière située à près de 400 kilomètres du Cap. Plus de cinquante habitations y ont été incendiées, poussant plusieurs centaines de ressortissants étrangers à quitter la zone.

Lire : Afrique du Sud : Accra va évacuer 300 ressortissants après des incidents xénophobes

Selon les autorités mozambicaines, environ 600 de leurs citoyens ont déjà regagné leur pays après les incidents survenus dans cette localité. Les deux Mozambicains tués à Mossel Bay constituent, à ce jour, les premiers étrangers officiellement recensés parmi les victimes de cette campagne anti-immigration.

Les tensions se sont accentuées après qu’un mouvement opposé à l’immigration clandestine a lancé un ultimatum exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin. Dans plusieurs villes, des groupes informels ont mené des opérations de porte-à-porte visant des personnes soupçonnées d’être étrangères.

Face à cette situation, plusieurs gouvernements africains suivent de près l’évolution des événements et multiplient les mesures destinées à assurer la sécurité de leurs ressortissants vivant en Afrique du Sud.

Notre Afrik avec AFP

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