L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence mardi pour évoquer sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Tout en critiquant la formation du nouveau gouvernement, le leader du Pastef a appelé à un dialogue politique afin d’éviter une nouvelle crise institutionnelle au Sénégal.
Pour sa première prise de parole publique depuis son éviction de la Primature le 22 mai, Ousmane Sonko a assuré que son camp continuerait à soutenir l’action de l’exécutif malgré les divergences apparues avec le chef de l’État.
Sonko critique la composition du nouveau gouvernement
Le président de l’Assemblée nationale n’a pas caché ses réserves sur l’équipe gouvernementale nommée par Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, le nouvel exécutif ne dispose pas d’une véritable assise politique alors même que le Pastef reste largement majoritaire au Parlement.
Ousmane Sonko a rappelé que son parti contrôle 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale, estimant que cette réalité impose un dialogue entre les différentes composantes du pouvoir.

Malgré ses critiques, il a écarté l’hypothèse d’une confrontation institutionnelle. «Si Pastef le voulait, ce gouvernement pourrait tomber rapidement», a-t-il laissé entendre, avant d’assurer que son parti ne chercherait pas à censurer l’exécutif.
Un appel à préserver la stabilité du pays
Face aux tensions politiques naissantes, Sonko a plaidé pour une approche consensuelle afin de préserver la stabilité du Sénégal. Selon lui, une crise entre les institutions risquerait d’affecter la confiance des investisseurs et de fragiliser davantage l’économie nationale. Il a donc appelé à privilégier les discussions plutôt que l’affrontement politique.
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Le leader du Pastef a également invité ses partisans à faire preuve de retenue, dénonçant ce qu’il considère comme des provocations visant certains militants de son mouvement.
Le «protocole de Cap Manuel» au cœur des révélations
Au cours de cette même conférence de presse, Ousmane Sonko a affirmé qu’un accord politique avait été conclu avec Bassirou Diomaye Faye avant l’élection présidentielle de 2024.
Selon son récit, les discussions auraient eu lieu alors qu’il était détenu à la prison du Cap Manuel. Il affirme avoir alors confirmé à Bassirou Diomaye Faye son choix de le soutenir comme candidat à la magistrature suprême malgré les propositions de report du scrutin qui lui auraient été soumises à l’époque.
Sonko soutient que les deux hommes auraient convenu d’un schéma politique dans lequel Diomaye Faye exercerait un mandat centré sur les réformes avant un retour à la candidature de Sonko lors de l’élection suivante.
Une promesse autour de l’échéance de 2029
L’ancien Premier ministre affirme que la question de l’élection présidentielle de 2029 avait déjà été abordée lors de leurs échanges en détention.
Selon lui, Bassirou Diomaye Faye aurait alors présenté son mandat comme une étape consacrée aux réformes difficiles avant une éventuelle transmission du flambeau politique. Sonko assure également avoir envisagé de faire intervenir des témoins pour formaliser cet engagement, une proposition qui aurait été rejetée par son futur successeur.
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Ces déclarations interviennent dans un contexte de rupture désormais assumée entre les deux figures qui avaient porté ensemble l’alternance politique de 2024.
Une nouvelle séquence politique s’ouvre
Les révélations de Sonko sur le «protocole de Cap Manuel» devraient alimenter les débats sur les accords politiques ayant précédé l’arrivée au pouvoir du duo Sonko-Diomaye.
Alors que le nouveau gouvernement vient d’être installé, les relations entre le président de la République et son ancien mentor apparaissent plus tendues que jamais. Malgré cette fracture, Ousmane Sonko affirme privilégier le dialogue et appelle à une coopération politique qu’il juge indispensable pour éviter au Sénégal de replonger dans les crises qui ont marqué les années précédant l’alternance.








