Guinée : faible mobilisation pour les élections législatives et municipales

Guinée : faible mobilisation pour les élections législatives et municipales

Les Guinéens étaient appelés aux urnes dimanche 31 mai pour des élections législatives et municipales organisées dans un contexte politique tendu, marqué par le boycott d’une partie de l’opposition et des critiques sur l’état des libertés dans le pays.

À la mi-journée, la participation restait faible dans plusieurs bureaux de vote de Conakry et de sa périphérie, selon des constats réalisés sur place. Près de 6,9 millions d’électeurs sont convoqués pour ces scrutins qui doivent permettre l’élection des députés ainsi que des représentants municipaux.

Une faible affluence dans les bureaux de vote

Dans plusieurs centres visités au cours de la matinée, peu d’électeurs se présentaient devant les urnes malgré l’ouverture officielle du scrutin. Certains habitants évoquent un manque d’intérêt pour ces élections, tandis que d’autres dénoncent un climat politique verrouillé. “Je ne sais même pas pour qui voter”, confie une jeune électrice rencontrée en banlieue de Conakry lors de son premier vote.

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Le faible taux de participation constitue l’un des principaux enjeux du scrutin, organisé quelques jours après la fête de la Tabaski, période durant laquelle de nombreux Guinéens rejoignent leurs familles à l’intérieur du pays.

L’opposition appelle au boycott

Les principaux partis d’opposition et plusieurs organisations de la société civile ont refusé de participer aux élections. Le collectif des Forces Vives de Guinée qualifie le processus électoral de “mascarade” et accuse les autorités de vouloir renforcer leur contrôle sur les institutions.

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Les principaux partis d’opposition, dissous en mars dernier par le gouvernement, ne prennent donc pas part au scrutin. Dans ce contexte, les observateurs estiment que les futurs députés devraient être majoritairement issus de la mouvance présidentielle.

Un candidat agressé à Mamou

La journée électorale a également été marquée par des tensions dans certaines localités. Le Front démocratique de Guinée (Frondeg), parti arrivé deuxième lors de la dernière présidentielle, a dénoncé l’agression de l’un de ses candidats à la députation dans la ville de Mamou, au centre du pays.

Selon le parti, Abdoulaye Bademba Diallo aurait été attaqué samedi soir dans un restaurant par deux individus cagoulés circulant à moto. L’opposition dénonce un climat d’intimidation visant ses responsables politiques et ses militants.

Un retour à l’ordre constitutionnel contesté

Ces élections s’inscrivent dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé après le coup d’État de septembre 2021 ayant porté le général Mamadi Doumbouya au pouvoir.

Lire : Guinée : nouveau report des élections législatives et locales au 31 mai

Le chef de la junte a été élu président en décembre dernier pour un mandat de sept ans lors d’un scrutin contesté par l’opposition. Depuis son arrivée au pouvoir, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations interdites et de nombreux opposants arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

Des organisations de défense des droits humains dénoncent également des cas de disparitions forcées et d’enlèvements visant des voix critiques du régime.

Des inquiétudes sur l’avenir démocratique

Plusieurs analystes craignent que ces élections renforcent davantage la domination politique du pouvoir en place. Dans une récente note, l’Institut d’Études et de Sécurité a alerté sur le risque de voir les institutions guinéennes contrôlées par une seule force politique, au détriment des contre-pouvoirs démocratiques.

Les élections sénatoriales, prévues ultérieurement, doivent encore compléter le processus de transition institutionnelle engagé par les autorités guinéennes.

Notre Afrik avec AFP

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