Deux hauts responsables de la Mutuelle du personnel du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique de Côte d’Ivoire (MUPMENET-CI) ont été placés sous mandat de dépôt dans une affaire présumée de détournement de fonds.
Les investigations portent sur des irrégularités financières estimées à plus de 5 milliards de FCFA, selon plusieurs sources judiciaires.
Deux cadres transférés en prison
Le directeur exécutif de la mutuelle, Agré Lynx Bourgelat, ainsi que le directeur des affaires financières, Koné Allagnan, ont été incarcérés mardi sur décision du procureur du Pôle pénal économique et financier.
Les deux responsables ont été transférés au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, l’ex-MACA, dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire.
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Selon des sources proches du dossier, l’enquête est désormais entre les mains du juge d’instruction chargé de déterminer l’ampleur des irrégularités comptables reprochées aux dirigeants de la structure. Les autorités judiciaires rappellent toutefois que les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence à ce stade des investigations.
Une affaire de sociétés écrans évoquée
L’enquête cite également le nom de Dao Ibrahim Kinan, homme d’affaires et président du parti politique Les Avertis.
Il est soupçonné d’avoir participé à un système financier impliquant plusieurs entreprises qui auraient servi à détourner des fonds de la mutuelle. D’après des éléments de l’enquête, plusieurs sociétés, notamment IDK, KINANE et TICS SERVICES, auraient été utilisées dans ce montage financier présumé.
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Les enquêteurs cherchent désormais à établir les responsabilités exactes des différents acteurs impliqués dans cette affaire.
La mutuelle tente de rassurer les enseignants
Après l’annonce des arrestations, la direction de la MUPMENET-CI a tenté de calmer les inquiétudes des adhérents. Le responsable de la communication de la mutuelle a assuré que les prestations sanitaires continuaient de fonctionner normalement dans les cliniques, pharmacies et laboratoires partenaires.
La structure affirme également disposer de mécanismes capables de garantir la protection des cotisations et la continuité de la couverture médicale des enseignants ivoiriens malgré cette crise judiciaire.