Les autorités égyptiennes ont annoncé la libération et le rapatriement de 1 379 citoyens détenus en Libye dans des affaires liées à la migration irrégulière.
Cette opération intervient alors que Le Caire renforce sa coopération migratoire avec l’Union européenne et accentue sa lutte contre les réseaux de traite d’êtres humains.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères publié dimanche 10 mai 2026, les ressortissants concernés ont été libérés entre le 1er janvier et la fin avril. Parmi eux, 508 étaient détenus à Tripoli, tandis que 871 autres se trouvaient à Benghazi. Le Caire précise que ces opérations ont été menées en coordination avec les autorités libyennes afin d’assurer leur retour en Égypte.
La Libye, principal corridor migratoire
Les personnes concernées auraient été arrêtées dans le cadre de tentatives de migration clandestine vers l’Europe à partir des côtes libyennes. Malgré l’instabilité politique et le renforcement des contrôles sécuritaires, la Libye demeure l’un des principaux points de transit pour les migrants africains et arabes cherchant à rejoindre l’Europe par la Méditerranée centrale.
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Chaque année, des milliers de candidats au départ transitent par ce pays, souvent au péril de leur vie. Le gouvernement égyptien a par ailleurs exprimé sa préoccupation face à la multiplication des drames en mer impliquant ses ressortissants.
94 corps rapatriés en quatre mois
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que 94 corps de citoyens égyptiens avaient été rapatriés entre janvier et avril 2026 après différents naufrages. Cinq autres dépouilles ont également été identifiées grâce à des tests ADN après la découverte de corps au large des côtes tunisiennes.
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Face à cette situation, les autorités ont renouvelé leurs mises en garde contre les filières clandestines, appelant la population à ne pas céder aux «mirages» de la migration illégale. Elles invitent les candidats au départ à privilégier les voies légales, notamment via l’obtention de visas valides et de contrats de travail authentifiés.
Une coopération accrue avec l’Union européenne
Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise des flux migratoires transitant par la Libye. L’Égypte a renforcé ces dernières années sa coopération avec l’Union européenne sur les questions migratoires et sécuritaires.
Le partenariat stratégique global signé au Caire le 17 mars 2024 prévoit un soutien européen de 7,4 milliards d’euros jusqu’à fin 2027. Sur cette enveloppe, environ 200 millions d’euros sont destinés à la gestion migratoire, notamment pour renforcer la surveillance maritime et frontalière grâce à l’acquisition de patrouilleurs et de systèmes radar.