Madagascar a annoncé l’expulsion d’un agent de l’ambassade de France à Antananarivo, déclaré «persona non grata» par le ministère malgache des Affaires étrangères. Cette décision, rendue publique le 28 avril 2026, intervient dans un climat politique et diplomatique particulièrement tendu.
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Le gouvernement affirme toutefois rester attaché à des relations internationales fondées sur le respect mutuel et la souveraineté des États. Du côté français, aucune réaction officielle immédiate n’a été enregistrée, bien que l’ambassade ait précédemment rejeté des accusations similaires circulant sur les réseaux sociaux.
Un contexte de défiance croissante
Cette décision intervient dans un climat de suspicion alimenté par des rumeurs évoquant une implication étrangère dans les affaires internes du Madagascar, notamment des allégations non prouvées sur la présence de «mercenaires français».
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Les autorités françaises ont fermement démenti ces accusations, les qualifiant de «mensongères». Ces tensions s’inscrivent dans une dynamique plus large de réorientation diplomatique du pays depuis la prise de pouvoir militaire en octobre 2025.
Une transition politique sous pression
Depuis le renversement de l’ex-président Andry Rajoelina, le pouvoir est exercé par une junte dirigée par le colonel Michaël Randrianirina, qui s’est autoproclamé «président de la Refondation». Le nouveau Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, évolue dans un contexte de transition politique censée durer deux ans, avec pour objectif affiché la refondation des institutions.
Cependant, la situation reste fragile, marquée par des contestations sociales, notamment portées par des mouvements de jeunes dénonçant la corruption et les difficultés économiques.
Un climat sécuritaire et politique dégradé
Plusieurs militants issus de la société civile ont été arrêtés après des manifestations organisées en avril, certains étant poursuivis pour «atteinte à la sûreté de l’État». Des organisations comme Amnesty International ont dénoncé des arrestations arbitraires et un climat de peur croissant.
Parallèlement, les autorités évoquent des tentatives de déstabilisation soutenues par des financements extérieurs, accusations qui contribuent à renforcer les tensions politiques internes.
Un repositionnement stratégique vers la Russie
Dans ce contexte, le pouvoir malgache a amorcé un rapprochement avec Russie, illustré notamment par des échanges avec le président Vladimir Poutine. Des coopérations militaires ont été mises en avant, incluant des livraisons d’équipements et des contacts avec des responsables liés à des structures paramilitaires russes.
Ce réalignement stratégique, combiné aux tensions avec France, traduit une recomposition des alliances du Madagascar sur la scène internationale. Dans l’ensemble, l’expulsion de ce diplomate marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations franco-malgaches, sur fond d’instabilité politique et de rivalités d’influence.
Notre Afrik avec AFP