Le rapport, présenté par Mohamed Chande Othman, fait état de 518 décès, dont 16 policiers et 20 enfants. La commission a également recensé
près de 2 400 blessés.
Cependant, le principal parti d’opposition conteste la crédibilité de cette enquête, estimant qu’elle manque d’indépendance. Des responsables du parti Chadema dénoncent une tentative de minimiser l’ampleur des violences et parlent de «massacres».
Des accusations de répression et de manipulation
Les violences ont éclaté le 29 octobre 2025, jour des élections présidentielle et législatives, remportées largement par Samia Suluhu Hassan. Des manifestations de contestation avaient alors été violemment réprimées par les forces de sécurité.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
L’opposition accuse les autorités d’avoir dissimulé des preuves, notamment en procédant à des enterrements clandestins. Certaines ONG et témoins évoquent également des disparitions forcées et des exécutions sommaires.
De son côté, la commission reconnaît avoir reçu des informations sur des personnes disparues, tout en affirmant que certaines données circulant en ligne pourraient être manipulées, notamment via des technologies comme l’intelligence artificielle.
Une bataille des chiffres et des responsabilités
Alors que des diplomates et observateurs indépendants avancent un bilan compris entre 1 000 et 2 000 morts, le gouvernement rejette ces estimations, dénonçant des «exagérations».
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Samia Suluhu Hassan a salué le travail de la commission, estimant qu’il permettait de rétablir la vérité face à des informations jugées erronées. Elle a également affirmé que les violences avaient été planifiées par des groupes organisés, sans évoquer une responsabilité des forces de l’ordre.
Vers de nouvelles investigations
La commission a recommandé l’ouverture d’enquêtes criminelles supplémentaires afin d’identifier les responsables des violences et de faire la lumière sur les disparitions signalées.
Des organisations indépendantes, comme le Centre for Information Resilience, affirment de leur côté avoir identifié de possibles fosses communes à partir d’images satellites, renforçant les soupçons autour de la gestion de la crise.
Dans un climat de peur et de méfiance, marqué par des accusations d’usage excessif de la force, cette affaire continue d’alimenter les tensions politiques en Tanzanie, où la transparence et la responsabilité des autorités restent au cœur du débat.
Notre Afrik avec AFP