Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux suscite une vive indignation en République démocratique du Congo. Les images, tournées à l’hôpital général de référence de Kinkole, montrent un médecin en train de malmener une femme venant d’accoucher. Selon plusieurs sources, la patiente, en état de grande vulnérabilité après son accouchement, devait recevoir des soins post-partum lorsque l’incident s’est produit. Le praticien mis en cause, identifié comme Balanangayi David, aurait réagi de manière violente
face à l’agitation de la patiente.
Une vague d’indignation, y compris dans le corps médical
La diffusion de la vidéo a déclenché une avalanche de réactions, aussi bien sur la toile que parmi les professionnels de santé. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une violation grave de l’éthique médicale. Sur le réseau X, le gynécologue-obstétricien Félix Momat a évoqué une «faillite morale, déontologique et institutionnelle», estimant que de tels actes pourraient entraîner des poursuites à la fois pénales, disciplinaires et administratives.
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La défense du médecin contestée
Face à la polémique, le praticien a tenté de justifier son comportement. Il affirme être intervenu dans une situation d’urgence, évoquant l’absence d’anesthésiste et le fait que la patiente aurait été abandonnée par d’autres structures médicales. Selon lui, son geste visait à sauver la vie de la malade dans un contexte difficile. Des explications qui n’ont toutefois pas suffi à apaiser la colère suscitée par les images.
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Des voix s’élèvent pour défendre la dignité des femmes
Plusieurs acteurs de la société civile ont également réagi. Grâce Shako, coordinatrice d’une ONG engagée pour les droits des femmes, dénonce une atteinte grave à la dignité humaine. Elle s’interroge aussi sur la diffusion d’images montrant une patiente nue, appelant à plus de respect de la vie privée.
Les autorités montent au créneau
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. La Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, s’est dite profondément choquée par des images «insoutenables» et a appelé à ce que toute la lumière soit faite, tout en exprimant son soutien à la victime. De son côté, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé des mesures immédiates, dont l’ouverture d’enquêtes et l’arrestation du praticien. Il a également évoqué une possible radiation de l’Ordre des médecins. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a pour sa part ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, qualifiant les faits d’atteinte grave à la dignité humaine.
Vers une sanction exemplaire ?
L’hôtel de ville de Kinshasa a également pris position, appelant à la radiation du médecin. Les autorités locales estiment que cette affaire ternit l’image du système de santé, notamment la politique de gratuité de la maternité promue par le président Félix Tshisekedi.
L’ONG Sauvons la Corporation Médico-ONG (SCM-ONG) a saisi les instances disciplinaires de l’Ordre des médecins à Kinshasa. Elle accuse le praticien de graves manquements à la déontologie, notamment pour violences physiques sur une patiente nécessitant des soins. L’organisation réclame l’ouverture d’une enquête et rappelle les principes fondamentaux du métier : respect de la dignité humaine, interdiction de toute violence et devoir d’humanité dans la prise en charge des patients.
Jusqu’ici, aucune communication officielle de la part de l’ordre des médecins n’a encore été faite sur l’issue de cette affaire.