Le ministère nigérien des Transports a infligé de lourdes sanctions à des opérateurs économiques et des chauffeurs routiers accusés d’avoir refusé de transporter du carburant vers le Mali, confronté à une pénurie persistante liée à l’insécurité.
Le régime militaire nigérien a annoncé des sanctions sévères à l’encontre d’une trentaine de professionnels du transport d’hydrocarbures, accusés de ne pas s’être conformés à une réquisition officielle visant l’acheminement de carburant vers le Mali voisin. L’information a été confirmée lundi par le ministère des Transports, à travers un communiqué consulté par l’AFP.
Selon les autorités, 14 opérateurs spécialisés se sont vu retirer définitivement leur droit d’exercer, tandis que 19 chauffeurs routiers ont été sanctionnés par le retrait de leur permis de conduire. Un autre opérateur a écopé d’une suspension d’un an de son agrément. Pour le ministère, ces refus constituent une «infraction grave aux obligations légales et réglementaires en vigueur», a déclaré le ministre des Transports, le colonel-major Abdourahamane Amadou.

Une décision justifiée par la solidarité régionale
Ces mesures interviennent dans un contexte de coopération renforcée entre le Niger et le Mali, tous deux dirigés par des régimes militaires. Le Mali est confronté depuis plusieurs mois à une pénurie de carburant, conséquence directe d’un blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda.
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En octobre et novembre derniers, le Niger, pays producteur de pétrole, avait organisé l’acheminement de 82 camions-citernes vers Bamako sur un trajet de près de 1 400 kilomètres, sous escorte militaire, en signe de solidarité avec son voisin.
Vives réactions des syndicats de transporteurs
La sévérité des sanctions a suscité l’indignation des syndicats de routiers. Le Syndicat démocratique des routiers du Niger (SDRN) a exprimé sa surprise face aux mesures prises, notamment le retrait des permis de conduire. «Avant de sanctionner, l’État doit chercher à comprendre les raisons du refus», a déclaré Moussa Niandou, responsable du syndicat, appelant les autorités à reconsidérer leur décision.
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Selon les transporteurs, les refus seraient motivés par les risques sécuritaires élevés sur certains axes routiers, régulièrement exposés à des attaques armées.
Une insécurité régionale persistante
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso font face à une intensification des violences jihadistes. Les trois pays, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont récemment annoncé la création d’une force conjointe de 5 000 soldats afin de renforcer la lutte contre les groupes armés.
Malgré ces initiatives, les difficultés d’approvisionnement en carburant persistent au Mali. Après un bref répit, plusieurs régions connaissent de nouvelles tensions logistiques. À l’aéroport international de Bamako, des vols ont récemment été annulés ou reportés en raison du manque de carburant, illustrant la fragilité durable de la chaîne d’approvisionnement dans le pays.
Notre Afrik avec AFP








