Cinéma : la pièce de théâtre « Reine » rompt le silence autour du viol

L’auteure de l’œuvre, Olivia Ouédraogo, souhaite dénoncer ce phénomène et vise à faire tomber le tabou qui entoure ces violences en Afrique.

Au Mali, la violence de genre est omniprésente et souvent passée sous silence, selon l’Institut national de la statistique. Pour dénoncer ce fléau social en Afrique, l’auteure et actrice burkinabè Olivia Ouédraogo a créé la pièce de théâtre intitulée “Reine”. Olivia Ouédraogo souhaite dénoncer ce phénomène inquiétant. Avec “Reine”, elle ambitionne de faire tomber le tabou qui entoure ces violences. « J’ai écrit cette pièce parce que j’ai remarqué que beaucoup de victimes acceptaient leur sort ; c’est inacceptable, elles ne devraient pas avoir à le tolérer », s’insurge-t-elle.

Présentation de la pièce de théâtre au Mali

Passionnée de théâtre depuis son enfance, Olivia Ouédraogo a débuté sa carrière à 11 ans au Burkina Faso et utilise désormais son art pour sensibiliser le public et dénoncer des injustices sociales.

Un impact visuel 

Sur scène, l’artiste n’hésite pas à recourir à des images percutantes pour éveiller les consciences. La première représentation de la pièce a eu lieu au centre culturel Art Sept de Bamako. « Nous avons voulu accueillir cette pièce, car c’est un sujet qui concerne tout le monde ; le silence qui entoure le viol est l’un de nos plus grands défis aujourd’hui ; ces agressions, qu’elles se produisent en Europe, en Afrique ou aux États-Unis, provoquent des scandales, mais demeurent souvent ignorées dans le discours public ; il est crucial de confronter notre société à ces réalités sombres », déclare Adama Traoré, acteur et responsable du centre culturel.

Lire : Cinéma : la pièce de théâtre “Iloya” aborde le phénomène de la fuite des talents en Afrique

Suite au succès de sa première représentation au Mali, “Reine” sera bientôt jouée au Burkina Faso, le pays natal de son auteure.Une étude menée en 2018 par l’Institut national de la statistique du Mali a mis en lumière que 45 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Le rapport précise que 68 % de ces femmes n’ont jamais évoqué ces violences avec quiconque.

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