Près de huit mois après la présidentielle contestée d’octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary ouvre un nouveau chapitre de son affrontement avec le pouvoir camerounais.
L’ancien ministre, aujourd’hui en exil, a saisi la justice française pour dénoncer les violences qui auraient suivi le scrutin, portant ainsi au niveau international un contentieux politique qui continue d’alimenter les tensions au Cameroun.
Déposées devant le tribunal judiciaire de Paris, les deux plaintes visent plusieurs hauts responsables de l’État, dont le président Paul Biya. Fondée sur le principe de compétence universelle, cette démarche marque une évolution dans la stratégie de l’opposant, qui cherche désormais à obtenir l’examen de ses accusations en dehors des frontières camerounaises.
De la contestation électorale au combat judiciaire international
Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary n’a jamais reconnu la victoire de Paul Biya. L’ancien membre du gouvernement continue d’affirmer qu’il est le véritable vainqueur du scrutin.
Les manifestations organisées après l’annonce des résultats avaient donné lieu à plusieurs arrestations et à des affrontements dans différentes localités du pays. C’est dans ce contexte que l’opposant affirme avoir rassemblé des éléments portant sur de présumées violations des droits humains commises lors de la répression des mouvements de contestation.
Selon les plaintes déposées en France, ces faits concerneraient notamment des détentions arbitraires, des violences contre des manifestants ainsi que plusieurs décès survenus dans le contexte post-électoral.
Une procédure qui vise le sommet de l’État
Pour Issa Tchiroma, cette initiative est l’aboutissement de plusieurs mois de travail mené avec des avocats, des organisations de la société civile et des personnes présentées comme témoins des événements.
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Les plaintes citent plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles Paul Biya, le secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji ainsi que plusieurs responsables des forces de sécurité.
L’opposant estime que les éléments recueillis permettraient d’établir des responsabilités dans la gestion des manifestations qui ont suivi la présidentielle.
Une stratégie tournée vers les juridictions étrangères
Au-delà de la procédure engagée à Paris, Issa Tchiroma présente cette action comme la première étape d’une offensive judiciaire plus large. Installé en Gambie depuis son départ du Cameroun, il affirme étudier d’autres recours auprès d’instances internationales.
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Cette stratégie repose sur une conviction : les institutions judiciaires camerounaises ne seraient pas, selon lui, en mesure de traiter ces dossiers de manière indépendante. En portant l’affaire devant des juridictions étrangères, l’ancien candidat cherche donc à maintenir la pression sur le pouvoir tout en donnant une dimension internationale à sa contestation.
Un dossier à forte portée politique
Aucune réaction officielle des personnalités visées n’avait été enregistrée au lendemain de l’annonce des plaintes. Mais cette initiative intervient dans un contexte où les séquelles de la présidentielle de 2025 continuent de peser sur la vie politique camerounaise.
Au-delà de son issue judiciaire, la démarche de Tchiroma illustre l’internationalisation progressive du bras de fer qui l’oppose au président Paul Biya. Une bataille qui se joue désormais autant sur le terrain politique que devant les juridictions étrangères.