Le 25e Congrès mondial du pétrole (WPC) se tiendra à Riyad du 11 au 15 octobre 2026 — soit quatre jours de chevauchement direct avec l'African Energy Week (AEW), programmée au Cap du 12 au 16 octobre, dates communiquées publiquement dès 2025. Un même ministre du Pétrole ne peut être simultanément dans les deux villes ; un même PDG de compagnie pétrolière nationale ne peut signer des partenariats au Cap et siéger à Riyad le même après-midi. La coïncidence, si c'en est une, a un goût amer pour le secteur énergétique africain.

African Energy Week face au WPC : quatre jours de concurrence directe
L'African Energy Week n'est pas une conférence régionale marginale. Née en 2021 avec environ 1 700 délégués, la plateforme organisée par la Chambre africaine de l'énergie (AEC) accueille aujourd'hui des milliers de participants. Pour l'édition 2026, les organisateurs tablent sur plus de 9 000 participants, plus de 300 ministres et personnalités de haut rang, plus de 400 intervenants et plus de 1 500 entreprises. Ce sont les chiffres d'un marché énergétique international à part entière, construit en Afrique autour des opportunités africaines.
Le précédent rend la situation encore plus difficile à comprendre. En 2022, la Chambre africaine de l'énergie et le Conseil mondial du pétrole du Canada avaient signé un protocole d'accord s'engageant à soutenir mutuellement leurs conférences, à coopérer sur les délégués, les exposants et le dialogue sectoriel. Comment cette coopération a-t-elle pu déboucher sur un calendrier plaçant désormais les deux événements en concurrence directe ? La question que posent les parties prenantes africaines est aussi simple que dérangeante : la même décision aurait-elle été prise si l'événement concerné avait été l'ADIPEC, la CERAWeek ou le Gastech ?
Le Nigeria incarne à lui seul l'acuité du dilemme. Pays hôte de la future Banque africaine de l'énergie à Abuja — institution conçue par l'Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO) et Afreximbank pour financer les projets énergétiques du continent —, le Nigeria est aussi co-hôte de la 17e réunion ministérielle du Forum international de l'énergie (IEF17) à Riyad le 11 octobre, veille de l'ouverture de l'AEW au Cap. Des figures de poids comme Olu Verheijen, conseillère spéciale du président Tinubu pour l'énergie, Heineken Lokpobiri, ministre d'État aux ressources pétrolières, et Adewale Tinubu, PDG d'Oando, sont attendues au Cap. Renaissance Africa Energy Company y participera en tant que sponsor « Gold » avec un programme d'investissement de 15 milliards de dollars, fruit de son acquisition des anciens actifs terrestres de Shell.
Le Nigeria au cœur du test de souveraineté énergétique africaine
La Chambre africaine de l'énergie, elle, a choisi de ne pas transformer la situation en confrontation ouverte, préférant démontrer par la participation et les annonces d'investissements que l'AEW a acquis un poids institutionnel suffisant pour résister à la concurrence. En parallèle, elle a élargi son rayon d'action : missions de travail au Venezuela du 3 au 5 août 2026, dialogue de haut niveau avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez et la direction de PDVSA, engagement auprès de l'ENH au Mozambique autour d'un secteur gazier doté de plus de 50 milliards de dollars d'investissements. L'AEW n'est pas un repli sur soi — c'est la contribution de l'Afrique à la diplomatie énergétique mondiale. Et c'est précisément ce qui rend le conflit de calendrier avec le WPC si difficile à ignorer.
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Avec APO Group.








