Selon une source proche du dossier, le procureur général de la Cour d’appel de Dakar a saisi le parquet pour établir les responsabilités pénales liées à ces évènements.
La justice du Sénégal a ordonné l’ouverture d’une enquête sur de présumés crimes contre l’humanité qui auraient été commis lors des violences politiques meurtrières ayant secoué le pays entre 2021 et 2024, sous la présidence de Macky Sall. L’information, obtenue vendredi 8 août auprès d’une source proche du dossier, fait état d’une saisine du procureur général de la Cour d’appel de Dakar, qui a demandé au parquet de déterminer les responsabilités pénales liées aux violences de cette période.

Entre 2021 et 2024, au moins 65 personnes ont perdu la vie, dont 51 tuées par balles, lors de manifestations organisées par l’opposition. Ce chiffre émane d’un collectif composé de journalistes et de chercheurs. Les nouvelles autorités sénégalaises, issues des rangs de l’opposition et élues en 2024, avancent quant à elles un bilan dépassant les 80 morts. Elles ont déclaré à plusieurs reprises leur volonté de traduire en justice les auteurs de ces violences, qu’elles qualifient de crimes graves.
Une initiative du ministre de la Justice
L’ouverture de l’enquête fait suite à une requête formelle du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, qui a demandé des poursuites pour les exactions survenues lors des manifestations. Selon un courrier, la Section de recherches de la gendarmerie nationale a été chargée de conduire les investigations, conformément aux instructions du ministère.
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Une loi d’amnistie remise en question
Pour rappel, une loi d’amnistie avait été adoptée en mars 2024, peu avant la fin du mandat de Macky Sall, dans l’objectif d’apaiser les tensions politiques. Elle avait permis la libération de nombreux opposants arrêtés, dont le président actuel Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Cependant, en avril, le Conseil constitutionnel a rappelé que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et ne peuvent être couverts par une mesure d’amnistie.
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L’un des aspects les plus troublants de ces violences réside dans la présence présumée d’hommes armés en civil, apparus dans plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux. Ces individus, qualifiés de « nervis » par l’opposition d’alors, auraient été utilisés pour soutenir les forces de l’ordre dans la répression des manifestants. Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains ont dénoncé ces pratiques et demandé l’ouverture d’enquêtes indépendantes.








