Une réforme pétrolière ambitieuse peut transformer un secteur entier en quelques années. C'est la leçon que l'Angola offre à l'Algérie, alors que cette dernière redouble d'efforts pour attirer de nouveaux investissements en amont : nouvelles licences, déblocage de la production sur les zones matures et pionnières, et quête d'un cadre réglementaire plus compétitif. Le message est clair selon NJ Ayuk, président exécutif de l'African Energy Chamber : ce n'est pas seulement le sous-sol qui compte, mais les règles du jeu.
Réforme pétrolière angolaise : 70 blocs attribués et 60 milliards de dollars engagés
L'Angola en est la preuve concrète. Depuis 2019, le pays a attiré un portefeuille d'investissements en amont qui devrait dépasser les 60 milliards de dollars (≈ 36 000 milliards de dinars algériens) entre 2025 et 2030. Parmi les projets phares : le développement du gaz non associé de Quiluma et Maboqueiro, le pôle intégré d'Agogo Ouest, le Greater PAJ et le projet Kaminho de TotalEnergies. Autant de chantiers qui illustrent comment un cadre réglementaire prévisible se traduit directement par une activité soutenue.
La clé du redressement angolais tient à une décision fondatrice : la création en 2019 de l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), qui a séparé les responsabilités commerciales de Sonangol de ses fonctions de contrôle réglementaire. Cette réforme a rationalisé l'octroi des licences, renforcé la transparence et permis à Sonangol de fonctionner comme une véritable entreprise commerciale. Depuis, plus de 70 blocs ont été attribués grâce à un régime d'offre permanente combiné à une stratégie pluriannuelle de licences — un mécanisme flexible qui permet aux entreprises de négocier en dehors des appels d'offres traditionnels. Des incitations fiscales ciblées pour les champs matures et une législation spécifique pour le gaz non associé ont complété le dispositif, accélérant la commercialisation du gaz et le redéveloppement d'actifs existants.
Ce que l'Algérie peut reproduire : licences flexibles et clarté institutionnelle
Pour l'Algérie, qui dispose de vastes bassins sous-explorés et d'une position stratégique sur les marchés gaziers européens, une plus grande clarté institutionnelle et un processus d'octroi de licences plus indépendant pourraient produire des effets comparables. « L'Algérie dispose déjà des ressources, de l'expertise et de la position stratégique nécessaires pour rester l'un des principaux producteurs d'énergie d'Afrique. L'expérience de l'Angola montre comment l'évolution de la réglementation peut venir compléter ces atouts et créer des opportunités encore plus importantes pour les investissements à long terme », souligne NJ Ayuk dans son ouvrage *Crude Oil: Power, Turnaround and Transformation in Angola*. Ces perspectives sont développées par l'African Energy Chamber comme une feuille de route applicable à d'autres grands producteurs africains.
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Avec APO Group.