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Justice transitionnelle en RDC : un conseil international d’experts lancé pour briser

Un nouveau Conseil international d'experts dédié à la justice transitionnelle en RDC a été officiellement lancé le lundi 13 juillet 2026. Baptisé CEADRC — Conseil pour l'examen des atrocités commises en République démocratique du Congo —, il est coprésidé par la défenseure congolaise des droits humains Julienne Lusenge, classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde par le magazine TIME en 2024, et Sir Howard Morrison KC, ancien juge à la Cour pénale internationale qui a notamment présidé le procès de Radovan Karadžić au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Analyse NotreAfrik — Le Rapport Mapping des Nations Unies de 2010 avait documenté 617 incidents susceptibles de constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité commis en RDC entre 1993 et 2003. Plus de deux décennies plus tard, l'est du Congo reste le théâtre d'un conflit actif. La saisine de la CIJ par Kinshasa contre Kigali et la création du CEADRC marquent une tentative inédite de conjuguer voies judiciaires internationales et mécanismes nationaux de réparation.
justice transitionnelle — Un nouveau Conseil consultatif international est lancé afin d'examiner trois décennies d'atroc
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Justice transitionnelle : cinq experts internationaux au chevet de la RDC

Le Conseil apportera son expertise à deux institutions congolaises : le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles (FONAREV) et la Commission interministérielle d'aide aux victimes et d'appui aux réformes (CIA-VAR). Ces deux structures pilotent les efforts de justice transitionnelle au bénéfice des victimes de trois décennies de violence. Le CEADRC s'appuie sur les conclusions du Rapport Mapping des Nations Unies de 2010 ainsi que sur les violations en cours dans l'est de la RDC.

Lors de sa réunion inaugurale, le Conseil a passé en revue les campagnes de plaidoyer « Plus Jamais Seuls », « Nos Voix Pour Elles » et « Ne Pas Oublier », portées par le FONAREV et la CIA-VAR. Les membres ont également examiné la requête déposée par la RDC auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ) accusant le Rwanda d'avoir violé la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948. Bien qu'indépendant de cette procédure, le Conseil conseillera les deux institutions sur les démarches à entreprendre à mesure qu'elle évoluera.

Le Conseil réunit cinq experts de rang mondial : Patrick Hayford, ancien diplomate ghanéen et ex-Directeur du Bureau du Conseiller spécial des Nations Unies pour l'Afrique ; Stephen Rapp, ancien Ambassadeur itinérant des États-Unis chargé des crimes de guerre sous Barack Obama ; Nina Jørgensen, juge britanno-norvégienne à la Chambre d'appel des Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye ; et Pascal Turlan, juriste français ayant passé près de vingt ans au Bureau du Procureur de la CPI, où il a commencé à travailler sur la situation en RDC dès 2003. Sa création intervient dans le sillage du discours du Président Tshisekedi à la 80ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025, dans lequel il avait appelé la communauté internationale à reconnaître le « génocide silencieux » perpétré en RDC et à briser « le cycle de l'impunité ».

Un lancement coordonné avec la procédure devant la Cour internationale de Justice

« Depuis trois décennies, le peuple congolais subit des atrocités d'une ampleur qui rappelle les épisodes les plus sombres de l'histoire de l'humanité. Les auteurs de crimes de guerre ont pu agir en toute impunité, protégés par un voile d'indifférence de la communauté internationale », ont déclaré conjointement Julienne Lusenge et Sir Howard Morrison KC. Le Directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, a insisté sur le fait qu'« aucune paix durable ne peut être bâtie sans la reconnaissance des souffrances endurées, l'établissement des responsabilités et une réparation intégrale en faveur des victimes ».

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Avec APO Group.

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