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RDC Rwanda : 4 mois avant l’échéance, Kagame dit non

Paul Kagame, president du Rwanda, qui refuse le desarmement des FDLR prealable a l'accord

Lors d’une conférence de presse tenue à Kigali le lundi 24 août 2026, le président rwandais Paul Kagame a balayé les initiatives visant à désarmer, en RDC, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les jugeant « toujours superficielles ».

« Tant que le problème n’est pas résolu, le Rwanda restera concerné », a-t-il averti, un mois après l’annonce par Kinshasa d’un protocole de démobilisation signé avec le groupe armé — protocole que Kigali rejette comme une manœuvre dilatoire.

Une fin de non-recevoir au protocole de Kinshasa

Interrogé sur la position du Rwanda concernant ce texte, Paul Kagame a répondu, sans le mentionner directement, n’avoir « entendu parler d’aucune initiative, jusqu’à présent, qui se concentre réellement sur les causes profondes du problème et cherche à y répondre ». « C’est toujours superficiel », a-t-il tranché, selon les propos rapportés par Radio France Internationale.

Le chef de l’État rwandais a présenté la question comme relevant de la sécurité nationale de son pays. Selon la presse rwandaise, il a estimé que l’accord de cantonnement conclu entre Kinshasa et les FDLR démontrait d’abord que la République démocratique du Congo reconnaissait la présence du groupe sur son territoire, et il y a vu la preuve d’une « collaboration » entre le gouvernement congolais et cette milice. Cette lecture émane d’un média proche du pouvoir rwandais ; c’est une accusation que Kinshasa a toujours rejetée.

Sur les sanctions internationales visant Kigali, le président rwandais a déclaré que ces mesures « créent de nouvelles difficultés au lieu d’apporter des solutions ».

Une précision sur la formulation

Une nuance mérite d’être posée, car elle circule sous une forme durcie.

Certaines reprises prêtent au président rwandais l’affirmation que son pays « restera dans la zone de conflit en RDC ». Cette formule ne correspond à aucun verbatim vérifiable dans les comptes rendus disponibles. La citation établie est « le Rwanda restera concerné » — ce qui n’implique pas la même chose, la première formulation supposant une présence militaire que Kigali n’a jamais officiellement reconnue en ces termes.

Les FDLR, pierre d’achoppement de l’accord de Washington

Les FDLR ont été fondées dans l’est congolais par des vestiges des ex-Forces armées rwandaises et des miliciens Interahamwe impliqués dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Elles sont au cœur du bras de fer entre les deux voisins.

Leur neutralisation figure parmi les engagements pris par la RDC dans l’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025 sous l’égide des États-Unis. En contrepartie, le Rwanda doit lever ses « mesures défensives » — l’euphémisme employé par Kigali pour désigner son dispositif militaire lié à l’est congolais, alors que des rapports d’experts des Nations unies accusent le Rwanda de soutenir militairement la rébellion de l’AFC/M23, ce que Kigali conteste.

C’est dans ce cadre que Kinshasa a annoncé, fin juillet 2026, la signature par les FDLR d’un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement, présenté par le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, comme l’aboutissement d’un long processus. Certaines sources précisent qu’une faction seulement du mouvement aurait signé — une nuance importante qui reste à confirmer.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, avait aussitôt qualifié le texte de manœuvre politique et de stratégie dilatoire. La sortie de Paul Kagame, un mois plus tard, confirme cette ligne au plus haut niveau de l’État.

Ce que Kinshasa met en avant

La capitale congolaise fait valoir des gestes concrets : outre le protocole, un mandat de vérification signé à Doha le 2 février 2026 dans le cadre du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, et le rapatriement de combattants des FDLR vers le Rwanda.

Ce processus a lui-même connu des frictions, Kigali ayant renvoyé un groupe de personnes rapatriées. Le Groupe de contact international attend pour sa part de la RDC un plan d’action et un calendrier jugés réalistes pour la neutralisation effective du groupe.

Des positions qui se figent à quatre mois de l’échéance

La déclaration de Paul Kagame illustre une ligne constante de Kigali : faire de la menace des FDLR la justification centrale de sa posture dans le conflit congolais. En mars 2026 déjà, le président rwandais affirmait que son pays n’avait « d’autre choix » que de se défendre face à ce qu’il décrit comme un danger existentiel.

À l’inverse, Kinshasa et plusieurs partenaires occidentaux considèrent que l’argument sécuritaire sert à couvrir le soutien rwandais au M23, qui contrôle de vastes zones de l’est congolais. Le Trésor américain a sanctionné, le 2 mars 2026, la Force de défense rwandaise pour son appui à la rébellion. La même région subit simultanément l’épidémie d’Ebola la plus rapide de l’histoire du pays, dont la riposte se heurte précisément à cette insécurité.

Un calendrier arrêté à Washington à la mi-mars 2026 prévoyait, d’ici la fin de l’année, l’intensification des opérations contre les FDLR et, en parallèle, un retrait des forces rwandaises.

À quatre mois de cette échéance, l’échange de griefs entre les deux capitales — chacune accusant l’autre de ne pas remplir sa part — suggère qu’aucun des deux volets n’a enregistré de percée décisive. Le règlement de la question des FDLR, préalable posé par Kigali, et la fin du soutien présumé au M23, préalable posé par Kinshasa, continuent de se renvoyer l’un l’autre.

Dans une région des Grands Lacs où les médiations se succèdent, de Washington à Doha, la difficulté n’est plus de signer des textes. C’est de les transformer en réalités de terrain.

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