Des témoignages recueillis par l’ONG font état de violences extrêmes ; une survivante affirme que le M23 a tué son mari à la machette le 11 juillet.
Dans un rapport publié ce mercredi 20 août, l’organisation Human Rights Watch (HRW) affirme que plus de 140 civils, en majorité Hutu, ont été exécutés de manière sommaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo) par le groupe armé M23, que l’ONG dit soutenu par le Rwanda. Ces massacres auraient été commis dans au moins 14 villages et zones rurales de la province du Nord-Kivu, à proximité de la frontière rwandaise et du parc national des Virunga.

Selon HRW, ces actes s’inscrivent dans ce qui semble être une offensive ciblée contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une milice composée majoritairement de Hutus rwandais, dont certains sont liés au génocide de 1994. L’organisation évoque l’une des pires exactions du M23 depuis sa résurgence en 2021.
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Elle souligne que les victimes sont principalement des membres de l’ethnie hutu, avec quelques cas appartenant à l’ethnie nande. Ces attaques, concentrées autour des bastions des FDLR dans le territoire de Rutshuru, soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à un possible nettoyage ethnique, selon HRW.
Des récits de survivants glaçants
Des témoignages recueillis par HRW décrivent des scènes d’une extrême violence. Une femme ayant survécu à une attaque le 11 juillet a relaté comment son mari a été tué à la machette par les combattants du M23. Elle affirme que les femmes et enfants du village ont ensuite été forcés à marcher en silence vers un lieu d’exécution, sous la menace de mort. Elle estime que 70 personnes, dont des femmes et des filles, ont été assassinées au bord d’une rivière, la plupart à l’arme blanche.
Lire : RD Congo : HRW dénonce des exécutions sommaires de civils par le M23
Plusieurs témoins ont indiqué que le M23 avait interdit les enterrements, forçant les survivants à abandonner les corps ou à les enterrer à la hâte dans les champs, empêchant ainsi les familles d’organiser des obsèques. Ce traitement infligé aux victimes ajoute à la gravité des faits. Par ailleurs, le rapport mentionne que des sources militaires, des témoins et des rapports onusiens suggèrent une implication directe de l’armée rwandaise dans les opérations du M23 dans cette région.
Notre Afrik avec AFP








