Les autorités maliennes ont annoncé, vendredi 16 janvier 2026, l’interdiction totale de la circulation, de la distribution et de la vente du journal panafricain Jeune Afrique sur l’ensemble du territoire national, invoquant la préservation de l’ordre public et de graves manquements journalistiques.
Dans une décision officielle rendue publique le même jour, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, a acté la suspension définitive des activités commerciales et de diffusion du journal Jeune Afrique. La mesure, prise par la Décision N°2026–000048/MATD-SG, s’applique à toutes les formes de diffusion, aussi bien papier que numérique.
Selon le document, les autorités reprochent au journal des publications jugées hostiles au Mali, dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible. Cette interdiction s’inscrit dans une volonté affichée par le gouvernement de transition de contrôler strictement l’information diffusée sur les enjeux nationaux et régionaux.

Des accusations jugées graves par les autorités
Dans la décision ministérielle, Jeune Afrique est accusé de «dérive éditoriale», marquée par des «accusations fallacieuses et subversives» à l’encontre du Mali, notamment en lien avec la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures. Les autorités évoquent également une «apologie du terrorisme» et une «absence d’équilibre dans le traitement de l’information».
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Le texte fait aussi état d’allégations «sans fondement» concernant de supposées exactions imputées aux autorités des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) ainsi qu’aux Forces armées burkinabè. Bamako dénonce par ailleurs une «absence d’objectivité journalistique», une «partialité manifeste», un «discours orienté», ainsi que des faits de «diffamation et d’incitation à la haine».
Des sanctions prévues en cas de non-respect
L’interdiction prend effet immédiatement et expose tout contrevenant aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, notamment celles prévues par la loi n°00-046 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et des délits de presse au Mali. Distributeurs, revendeurs et diffuseurs sont explicitement mis en garde.
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Cette décision intervient dans un contexte de relations tendues entre le Mali et plusieurs médias internationaux. Depuis 2022, les autorités maliennes ont déjà suspendu ou retiré de la diffusion plusieurs médias étrangers, dont RFI, France 24, TV5 Monde, France 2, TF1 et LCI, traduisant une ligne ferme du gouvernement de transition en matière de souveraineté informationnelle.
Notre Afrik avec AFP








