Cette décision intervient dans un contexte marqué par la dégradation durable des relations entre la France et les autorités maliennes ainsi que par les défis sécuritaires persistants dans la région du Sahel.
La compagnie n’assurait plus de vols vers le Mali depuis août 2023. À l’époque, Air France avait suspendu ses dessertes vers Bamako, Ouagadougou et Niamey à
la suite de la fermeture de l’espace aérien nigérien après le coup d’État survenu au Niger.
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Si cette suspension avait initialement été présentée comme une mesure liée aux circonstances régionales, la situation n’a jamais permis un retour à la normale. Les autorités maliennes n’avaient notamment pas autorisé la reprise des liaisons entre Paris et Bamako dans les mois qui ont suivi.
La fermeture de la représentation locale marque ainsi une étape supplémentaire dans le retrait de la compagnie du marché malien, même si Air France n’a pas détaillé officiellement les raisons de cette décision.
Les tensions politiques ont redessiné le transport aérien régional
Depuis les changements de régime intervenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023, les relations entre ces pays et la France se sont considérablement détériorées.
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Cette rupture diplomatique a eu des conséquences directes sur plusieurs secteurs, notamment le transport aérien. Le départ d’Air France a laissé un vide rapidement occupé par d’autres compagnies, parmi lesquelles Turkish Airlines et Corsair, qui ont tenté de répondre à la demande entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.
La réorganisation des dessertes aériennes est devenue l’un des symboles de la recomposition des partenariats économiques et stratégiques engagée par les nouvelles autorités sahéliennes.
L’insécurité continue de peser sur les liaisons aériennes
Au-delà des considérations diplomatiques, la situation sécuritaire demeure un facteur déterminant pour les compagnies aériennes opérant dans la région. Les attaques menées par des groupes armés continuent d’alimenter les inquiétudes des acteurs du transport et du tourisme.
Dernier exemple en date, la compagnie Corsair a suspendu fin mai ses vols vers Bamako après une série d’attaques revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), y compris dans la capitale malienne.
Dans ce contexte, la décision d’Air France apparaît comme le reflet d’une nouvelle réalité géopolitique et sécuritaire au Sahel. Trois ans après la suspension de ses vols, la compagnie française acte désormais une rupture qui semble appelée à durer, alors que le paysage aérien régional continue de se transformer sous l’effet des bouleversements politiques et sécuritaires de ces dernières années.
Notre Afrik avec AFP