Les organisateurs soulignent que l’artiste a influencé des stars mondiales comme Beyoncé, Paul McCartney et Thom Yorke, tout en contribuant à façonner le style des artistes afrobeats nigérians contemporains. La création récente de la catégorie “Meilleure performance africaine” illustre l’impact durable de sa musique.
Le roi de l’afrobeat nigérian, Fela Kuti (1938-1997), va entrer dans l’histoire en devenant le premier artiste africain à recevoir un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. La distinction, posthume, lui sera remise ce week-end à Los Angeles lors d’une cérémonie réunissant d’autres icônes de la musique mondiale, parmi lesquelles Cher, Whitney Houston, Carlos Santana, Paul Simon et Chaka Khan. Près de trente ans après sa disparition, l’influence de Fela Kuti continue de résonner sur la scène musicale internationale.

L’inventeur de l’afrobeat
Multi-instrumentiste passionné et infatigable, Fela Kuti a créé l’afrobeat dans les années 1970, fusionnant jazz, funk et rythmes africains traditionnels. Son œuvre a ouvert la voie à l’afrobeats moderne (avec un “s”), apparu au Nigeria dans les années 2000. Bien que ces deux genres partagent des racines africaines, ils diffèrent par leur style et leur approche : l’afrobeat de Fela reste un genre militant, influencé par le jazz, tandis que l’afrobeats contemporain est davantage orienté vers la pop et les charts mondiaux.
Selon les Grammy Awards, Fela a inspiré des artistes internationaux tels que Beyoncé, Paul McCartney et Thom Yorke, tout en façonnant le son des artistes afrobeats nigérians actuels. La création récente de la catégorie “Meilleure performance africaine” aux Grammy illustre l’influence persistante de sa musique.
Un héritage musical et familial
Surnommé le “Black President”, Fela Kuti laisse un héritage vivant à travers ses fils, Femi Kuti et Seun Kuti, ainsi que son petit-fils Made Kuti, tous musiciens. “Cette reconnaissance, alors que nous sommes présents tous les trois, est un sentiment formidable”, a déclaré Made, lui-même nominé aux Grammy en 2022. “Nous faisons tout pour maintenir l’afrobeat vivant et transmettre cet héritage.”

Yemisi Ransome-Kuti, cousine germaine de Fela et cheffe de la famille, voit dans cette distinction “une célébration pour le peuple africain” et un symbole à partager collectivement, tout en appelant les institutions à soutenir la musique et la culture africaines.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Une carrière marquée par l’activisme
Fela Kuti a consacré sa vie à dénoncer la corruption et les régimes autoritaires du Nigeria. Ses chansons longues et provocatrices lui ont valu de multiples arrestations sous différents gouvernements militaires. En 1974, la sortie de l’album “Zombie”, critique ouverte envers l’armée nigériane, provoqua une vive réaction des autorités. Malgré ces persécutions, Fela n’a jamais abandonné son engagement politique.
Lire : Cannes 2025 : deux films africains reçoivent des distinctions
À propos de la réaction qu’aurait eue l’artiste à cette distinction, Yemisi Ransome-Kuti imagine qu’il aurait simplement déclaré : “Mieux vaut tard que jamais”, soulignant que la reconnaissance internationale ne comptait pas pour lui de son vivant.
Une reconnaissance qui inspire
Rikki Stein, manager historique de Fela, estime que ce Grammy posthume “donnera un nouvel élan à sa musique”, forte de plus de 50 albums. La récompense pourrait également attirer un public plus jeune, qui n’était même pas né lors du décès de l’artiste, et contribuer à faire connaître son message social et politique à une nouvelle génération.
Notre Afrik avec AFP








