Centrafrique : Alfred Yekatom et Patrice-Édouard condamnés à 15 et 12 ans par la CPI

Les deux anciens chefs de milices centrafricains sont reconnus coupables pour leur implication dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans le pays entre 2013 et 2015.

La Cour pénale internationale (CPI) a prononcé, ce jeudi 24 juillet, des peines de prison à l’encontre d’Alfred Yekatom, surnommé “Rambo”, et de Patrice-Édouard Ngaïssona, deux anciens chefs de milices centrafricains. Ils ont été condamnés à 15 ans et 12 ans de réclusion, respectivement, pour leur implication dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine entre 2013 et 2015.

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Coupables de multiples exactions contre les civils

Selon les juges, les deux hommes ont joué un rôle central dans les violences perpétrées par les milices anti-balaka, dirigées principalement contre des civils musulmans. Ils ont été reconnus coupables de persécutions, torture, déplacements forcés de populations, ainsi que d’autres actes de violence graves. Ces exactions se sont déroulées dans un contexte de conflit intercommunautaire, après la chute du président François Bozizé en mars 2013.

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Les milices anti-balaka, issues en majorité de communautés chrétiennes et animistes, avaient vu le jour pour contrer la coalition Séléka, une alliance rebelle à dominante musulmane, qui avait brièvement pris le pouvoir à Bangui.

Une politique de représailles ciblées

L’acte d’accusation indique que, bien que les anti-balaka visaient officiellement à renverser la Séléka, ils ont rapidement adopté une stratégie criminelle consistant à cibler la population musulmane, considérée comme complice ou favorable aux rebelles. Cette approche a entraîné des violences systématiques, considérées comme planifiées et exécutées avec l’accord des chefs de milice.

Lire : RD Congo : le procès de Joseph Kabila ouvert devant la Haute Cour militaire

Alfred Yekatom avait été transféré à La Haye en novembre 2018, suivi par Patrice-Édouard Ngaïssona en janvier 2019. Leur procès s’est ouvert en février 2021 devant la CPI. Le parquet avait initialement requis des peines de plus de 22 ans pour Yekatom et de 20 ans pour Ngaïssona. Le temps passé en détention provisoire a été déduit de leur condamnation. Les deux hommes disposent toujours d’un droit d’appel s’ils souhaitent contester le verdict.

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