Les nouveaux responsables de la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL) ont officiellement pris fonction à Douala avec une mission claire, celle de remettre sur pied un secteur énergétique fragilisé par les difficultés financières, les plaintes des consommateurs et les insuffisances du service public.
Antoine Ntsimi, nommé président du conseil d’administration, et Oumarou Hamandjoda, désigné directeur général, devront conduire la
relance de cette entreprise créée par décret présidentiel le 5 mai 2026. Jean Basile Ekobena a également été installé au poste de directeur général adjoint.
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Une entreprise née pour redresser un secteur en crise
Lors de la cérémonie d’installation, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a rappelé que ces nominations répondent à une logique de résultats et non de prestige.
Selon lui, SOCADEL doit corriger les déséquilibres accumulés dans le secteur électrique, marqués par des tensions persistantes de trésorerie, une qualité de service jugée insuffisante et une perte progressive de confiance des usagers.
Le gouvernement veut ainsi reprendre la main sur un secteur stratégique pour l’économie nationale et restaurer l’efficacité du service public de l’électricité.
Les finances au cœur des priorités
La première urgence concerne la santé financière de l’entreprise. Les nouveaux dirigeants devront rapidement améliorer les revenus, réduire les charges et renforcer la performance opérationnelle.
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Le recouvrement des créances figure parmi les priorités immédiates. Le ministre a insisté sur le fait que tous les abonnés, sans exception, devront s’acquitter de leurs factures.
Les autorités exigent également une meilleure transparence dans la gestion financière, avec une traçabilité en temps réel des recettes collectées et une tolérance zéro face à toute forme d’opacité.
Lutte contre la fraude et sécurisation des recettes
Pour restaurer l’équilibre financier, SOCADEL devra aussi élargir sa base de clientèle et intensifier la lutte contre les branchements frauduleux.
Le gouvernement mise notamment sur le déploiement de compteurs intelligents, le renforcement des contrôles sur le terrain et la conversion progressive des compteurs post-payés vers des systèmes prépayés. Cette stratégie vise à sécuriser les recettes tout en limitant les pertes commerciales qui pèsent sur la rentabilité du secteur.
Des usagers en attente d’un meilleur service
Au-delà des finances, la nouvelle direction est attendue sur la qualité du service rendu aux populations et aux entreprises. SOCADEL devra accélérer la modernisation des réseaux, réduire les délais d’intervention en cas de panne et améliorer la relation client.
Dans un contexte marqué par les coupures récurrentes et les frustrations des consommateurs, la restauration de la confiance apparaît comme un enjeu central.
L’accès à l’électricité comme objectif national
Le gouvernement attend également des progrès sur l’extension des réseaux, le développement des mini-réseaux électriques et la promotion de solutions décentralisées pour les zones encore mal desservies.
Ces chantiers sont jugés essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Cameroun à l’horizon 2035.
En installant la nouvelle équipe dirigeante à Douala, les autorités camerounaises lancent ainsi une nouvelle phase de réforme du secteur électrique, avec des résultats attendus rapidement sur le terrain.
Blaise Deumo pour Notre Afrik