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Cacao Cameroun : -34,65 % d’exportations en 2025-2026 (ONCC)

Feves de cacao dans un sac et une assiette, filiere dont les exportations camerounaises chutent

Le Cameroun n’a exporté que 125 469 tonnes de fèves brutes de cacao au cours de la campagne 2025-2026, officiellement close le 15 juillet 2026, contre 192 012 tonnes la saison précédente. Une chute de 66 543 tonnes, soit 34,65 %, selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Conjuguée à l’effondrement des cours mondiaux, cette contraction a fait plonger les recettes d’exportation de fèves à 400,9 milliards de francs CFA.

Moins de fèves, et des fèves moins chères

Le décrochage combine deux effets, qu’il faut distinguer pour comprendre l’ampleur du choc.

Le premier est productif. La production nationale commercialisée s’est établie à 247 914 tonnes, contre 309 518 tonnes en 2024-2025, soit une baisse de 19,9 % qui efface le record de la campagne précédente. En cause notamment, une épidémie de pourriture brune des cabosses dans le Sud-Ouest.

Une précision s’impose ici, car une source secondaire l’a inversée : le Sud-Ouest est la deuxième région cacaoyère du pays, derrière le Centre, qui a fourni 45,8 % des volumes commercialisés en 2024-2025 selon l’ONCC.

Le second effet est le prix. Le cours de référence mondial du cacao est passé d’environ 8,08 dollars le kilogramme en mars 2025 à 3,24 dollars en mars 2026, soit une baisse de près de 60 % selon les données de la Banque mondiale.

Exportations, production, transformation : trois choses différentes

La chute de 34,65 % porte sur les exportations de fèves. Elle ne doit pas être assimilée automatiquement à une baisse équivalente de la production nationale, qui recule elle de 19,9 %.

L’écart entre les deux s’explique par deux facteurs au moins. Les stocks de fin de campagne, d’abord, qui sont passés de 13 946 à 40 446 tonnes : une part de la récolte n’est pas partie et attend. La transformation locale ensuite, qui a elle-même reculé de plus de 15 %.

On ne peut donc pas présenter la transformation locale comme la cause du recul des exportations : c’est une hypothèse explicative, à confronter aux données définitives du bilan de campagne. Distinguer systématiquement fèves exportées, cacao commercialisé et cacao transformé localement est la seule façon de lire ces chiffres sans se tromper.

Des recettes divisées par plus de deux

La valeur des exportations de fèves au port de Douala est ressortie à environ 400,9 milliards de francs CFA, contre 1 074,6 milliards la campagne précédente, selon les données de l’ONCC reprises par la presse économique camerounaise.

L’ampleur exacte du recul varie toutefois selon les sources, toutes citant pourtant l’ONCC : certaines retiennent une baisse de 63 %, d’autres de 58,8 % ou 59 %. L’écart tient vraisemblablement au périmètre retenu — fèves brutes seules ou ensemble de la filière. Les deux estimations sont exposées ici sans être tranchées, faute de bilan définitif publié.

Dans tous les cas, l’ordre de grandeur est celui d’un effondrement : les recettes ont été divisées par plus de deux en une campagne, pour ce qui était devenu, en 2025, le premier produit d’exportation du pays.

Un choc qui dépasse la filière

Le cacao camerounais fait vivre plusieurs centaines de milliers de producteurs, souvent sur de petites exploitations familiales, dans le Centre, le Sud-Ouest, le Littoral et le Sud. Une campagne à recettes divisées par deux se traduit mécaniquement par une contraction du revenu rural sur ces bassins.

L’effet macroéconomique est du même ordre. Le cacao étant devenu le premier produit d’exportation du pays devant les hydrocarbures, la perte de plus de 670 milliards de francs CFA de recettes pèse sur la balance commerciale et sur les rentrées de devises — dans un contexte où les finances publiques de la zone CEMAC sont déjà tendues.

Ce qu’il faudra surveiller sur la campagne 2026-2027

Trois indicateurs diront si 2025-2026 était un accident ou un point d’inflexion.

La santé sanitaire du verger d’abord : la pourriture brune est une maladie récurrente, dont l’ampleur dépend étroitement de la pluviométrie et des traitements. Son retour sur une deuxième campagne consécutive changerait la nature du problème.

Le comportement des stocks ensuite. Les 40 446 tonnes non exportées constituent un report qui gonflera mécaniquement les volumes de la campagne suivante — ou révélera un problème de qualité s’ils ne trouvent pas preneur.

Les cours mondiaux enfin, dont la chute de 60 % en un an rappelle que le producteur camerounais reste preneur de prix. C’est l’argument le plus solide en faveur de la transformation locale : elle seule déplace une partie de la valeur hors de la volatilité des cours. Le recul de plus de 15 % enregistré cette année va dans le sens inverse, et c’est peut-être le signal le plus préoccupant du bilan. Le repli s’inscrit dans une tendance déjà visible sur l’ensemble des exportations camerounaises, et le pays cherche à diversifier ses recettes, notamment dans les mines.

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