Les autorités de transition ont annoncé la dissolution de nombreuses organisations, dont plusieurs actives dans la défense des droits humains, dans un contexte de durcissement du cadre réglementaire.
Le gouvernement burkinabè a ordonné la suppression de 118 associations opérant sur le territoire national, invoquant le non-respect des «dispositions légales en vigueur». La décision a été officialisée par le ministère de l’Administration territoriale, sans détails supplémentaires sur les manquements reprochés.
Un encadrement renforcé du tissu associatif
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une réforme adoptée en juillet 2025, qui redéfinit les règles applicables aux associations, ONG et syndicats. Le texte vise à renforcer le contrôle de l’État sur les activités de ces structures.
Dans les mois ayant suivi son adoption, les autorités avaient déjà retiré l’autorisation d’exercer à 21 organisations pour des motifs administratifs et suspendu une dizaine d’autres pour une durée de trois mois.
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Une pression accrue sur les organisations
Avec cette nouvelle vague de dissolutions, le nombre d’associations concernées dépasse désormais la centaine. Une part importante d’entre elles intervient dans le domaine des droits humains, un secteur particulièrement exposé depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la suite du coup d’État de septembre 2022. Le gouvernement appelle les responsables associatifs à se conformer strictement aux nouvelles règles, avertissant que tout manquement pourrait entraîner des sanctions.
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Un climat de restriction des libertés
Cette décision intervient dans un contexte marqué par un resserrement de l’espace civique au Burkina Faso, où les autorités de transition justifient ces mesures par des impératifs de sécurité et de souveraineté.
Elle suscite néanmoins des interrogations sur l’avenir des organisations de la société civile, alors que le pays reste confronté à une crise sécuritaire persistante liée aux violences armées.
Notre Afrik avec AFP