Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Ebola en RDC : 9 144 cas, les fonds de la riposte contestés

Vue aérienne de l'hôpital général de Bunia, dans l'Ituri, province la plus touchée par Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola en RDC a dépassé les 9 000 cas confirmés. Selon le rapport de situation n° 151 du ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC), arrêté au 12 octobre 2026, le pays compte 9 144 cas confirmés et 4 410 décès confirmés, soit une létalité de 48,2 %. Dans le même temps, l’Africa CDC conteste publiquement la traçabilité des fonds versés pour la riposte.

Cette épidémie, confirmée en mai 2026 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est la 17e que connaît le pays, selon les autorités congolaises. Elle est due au virus Bundibugyo, contre lequel l’OMS rappelle qu’il n’existe « aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé ». NotreAfrik suivait le 5 octobre le franchissement du cap des 4 000 morts : Ebola RDC : 4 018 morts selon l’INSP, cap des 4 000 franchi.

Ebola en RDC : un bilan à lire avec sa date

Le 13 octobre, l’agence Anadolu et Associated Press ont rapporté un bilan de 9 066 cas et 4 381 décès. Le tableau officiel du ministère, consulté le 15 octobre, affiche des totaux plus élevés, datés du 12 octobre : 9 144 cas et 4 410 décès. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) reprend ces mêmes chiffres et précise que les données congolaises sont font l’objet d’« un examen et d’une harmonisation continus ».

Ces bilans ne portent que sur les cas confirmés en laboratoire. Sept provinces et 65 zones de santé sont touchées. L’Ituri concentre 6 734 cas et 3 117 décès, soit près des trois quarts des cas, devant le Nord-Kivu (1 938 cas, 1 102 décès), selon le ministère de la Santé. Le suivi des contacts reste incomplet : au 12 octobre, 25 469 personnes ont été vues sur 32 811 contacts recensés (77,6 %), selon le ministère.

Dans son bulletin du 8 octobre, l’OMS relevait que sur 372 décès enregistrés depuis son précédent point du 25 septembre, 264 étaient survenus dans la communauté et 108 dans des centres de traitement.

Un deuxième cas au Kenya

Le virus a franchi les frontières. Le Kenya a annoncé le 6 octobre son premier cas importé, un ressortissant kényan qui vivait en RDC et qui est mort à Nairobi. Le 14 octobre, le ministère kényan de la Santé a confirmé un deuxième cas : un homme de 39 ans, proche parent du premier patient, déjà placé en quarantaine lorsque les symptômes sont apparus, selon Al Jazeera. En Ouganda, 20 cas avaient été recensés entre mai et juin ; l’OMS y a déclaré la fin de l’épidémie le 25 août 2026, selon l’ECDC.

Des fonds annoncés, une traçabilité contestée

La Banque mondiale a annoncé le 14 octobre 80 millions de dollars supplémentaires pour la riposte nationale congolaise et 13 millions pour la préparation des pays voisins et des institutions régionales, rapporte ACTUALITE.CD. Elle chiffre à 426,6 millions de dollars son engagement cumulé, qui associe dons et financements concessionnels.

Le même jour, à Kinshasa, le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a affirmé que les bailleurs avaient déboursé 926,66 millions de dollars vers les partenaires de mise en œuvre. Selon lui, un peu plus de 200 millions ont pu être retracés : « Ça fait 700 millions USD à rechercher, et qui existent », a-t-il déclaré, selon ACTUALITE.CD. Ces chiffres n’ont pas été appuyés par un document public, et aucune réponse des organisations concernées n’était connue au 15 octobre.

Les données de l’Institut national de santé publique (INSP), présentées le 2 octobre, sont d’une autre nature. Seuls 25 des quelque 94 partenaires accrédités avaient alors rendu compte de leurs fonds. Ils déclaraient 226,3 millions de dollars reçus, 127,4 millions dépensés et un solde estimé à 89,3 millions. Le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, a parlé de « flou artistique » et menacé de retirer leur accréditation aux organisations qui ne justifieraient pas l’usage de leurs fonds.

Les deux séries ne mesurent pas la même chose : l’une part des montants déclarés par les bailleurs, l’autre de ce que les partenaires disent avoir reçu. Elles ne permettent pas de conclure à un détournement. Elles montrent en revanche qu’aucun tableau public ne rapproche les sommes annoncées, versées et dépensées. Selon ACTUALITE.CD, le ministre estime que ce manque de visibilité complique ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un appui budgétaire.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Ebola RDC : 4 018 morts selon l’INSP, cap des 4 000 franchi · Ebola au Kenya : 1er décès, 57 contacts recherchés · Ebola Nord-Kivu : 9 cas, MSF déployée le 6 octobre

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app