L’épidémie d’Ebola en RDC a franchi le cap des 4 000 morts. Selon les données de l’Institut national de santé publique (INSP) rapportées le 2 octobre 2026, la République démocratique du Congo comptait 8 300 cas confirmés, 4 018 décès, 2 162 guérisons et 842 patients en isolement ou hospitalisés. Le bilan du 27 septembre, 8 116 cas et 3 924 morts, était dépassé cinq jours plus tard. Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie, due au virus Bundibugyo, est la plus grave jamais enregistrée dans le pays et la deuxième de l’histoire mondiale, après celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016.
Une létalité proche d’un cas sur deux
Environ 48,4 % des cas confirmés sont décédés, presque une personne diagnostiquée sur deux. Cette létalité tient en partie au virus lui-même : la souche Bundibugyo n’est pas la souche Zaïre, contre laquelle existent les vaccins et les traitements les plus avancés. L’Ituri reste l’épicentre, avec 6 182 cas confirmés et 2 848 décès au 27 septembre, soit plus des trois quarts du total national. Le Nord-Kivu suivait avec 1 541 cas et 914 décès, le Haut-Uélé avec 335 cas et 140 décès ; la Tshopo, le Sud-Kivu, le Bas-Uélé et le Sud-Ubangi, frontalier de la Centrafrique et du Congo-Brazzaville, complètent les sept provinces touchées, pour 63 zones de santé.
Les enfants paient un prix particulier. Save the Children estime, à partir des données du ministère de la Santé, qu’au moins 2 071 enfants avaient contracté le virus au 27 septembre et que 961 en étaient morts, dont environ 623 âgés de moins de cinq ans. Dans cette tranche d’âge, la létalité atteindrait près de 61 %, bien au-dessus de la moyenne nationale, soit en moyenne sept décès d’enfants par jour depuis le début de l’épidémie.
Ebola en RDC : une riposte sous pression
Plus de cinquante soignants sont morts depuis le début de l’épidémie, selon les bilans récents, et un membre du personnel de Médecins Sans Frontières engagé dans la riposte a été testé positif et doit être évacué. Chaque infection d’un soignant produit un double dommage : un malade de plus, un professionnel de moins. Début septembre, l’Organisation mondiale de la santé estimait que 5 000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires. Insécurité, déplacements de population, méfiance, désinformation, attaques contre des structures de santé et retards de paiement des personnels allongent le délai entre les premiers symptômes, l’isolement et la recherche des contacts, et Ebola exploite ces délais.
Un indicateur progresse. Le taux de suivi des contacts est passé de 75,9 % au bilan du 27 septembre à 80,6 % au dernier point de l’INSP. C’est l’outil qui casse les chaînes de transmission, mais cela signifie aussi qu’un contact identifié sur cinq échappe encore au suivi complet. Dans une épidémie d’Ebola, une seule personne infectée non identifiée peut contaminer sa famille, des soignants, des voisins ou les participants à des funérailles.
Ralentir n’est pas contrôler
Certains indicateurs ont montré une baisse du nombre quotidien de nouveaux cas par rapport aux pics précédents. Au 29 septembre, 44 des 63 zones de santé touchées avaient pourtant encore rapporté au moins un cas dans les trois semaines précédentes, et plusieurs dizaines de cas continuaient d’être détectés chaque jour. Dans les zones difficiles d’accès, une baisse des cas signalés peut refléter moins de transmission, ou moins de capacité à détecter les malades.
La précédente grande épidémie congolaise, de 2018 à 2020, avait provoqué environ 3 481 cas et 2 299 décès selon l’OMS. L’épidémie actuelle a plus que doublé le nombre de cas et approche du double des morts. À l’échelle mondiale, l’épidémie d’Afrique de l’Ouest reste la référence, avec plus de 28 600 personnes touchées et plus de 11 000 décès. Le chiffre du jour est une photographie, pas un résultat : les données de l’INSP sont évolutives et peuvent être ajustées lors de leur consolidation.
Sources
- Institut national de santé publique de RDC, bulletins épidémiologiques des 27 et 29 septembre 2026 ; données rapportées le 2 octobre 2026 par Actualite.cd.
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), mises à jour des 30 septembre et 1er octobre 2026.
- Save the Children, 1er octobre 2026 ; Agence congolaise de presse, 29 septembre 2026 ; Anadolu Agency, 29 septembre 2026 ; Organisation mondiale de la santé.
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