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Pipeline RDC : files à Kinshasa, le projet pressé en 2026

Station-service à Kinshasa, où les files d'attente relancent le projet de pipeline RDC

Le pipeline RDC revient au premier plan. Le vendredi 9 octobre 2026, lors de la 100e réunion ordinaire du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a demandé d’« accélérer les diligences relatives au projet de construction du nouveau pipeline », destiné à renforcer l’approvisionnement en carburant de l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC). La demande intervient après plusieurs jours de files d’attente devant les stations-service de Kinshasa.

La réunion s’est tenue à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi, selon le compte rendu officiel signé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et publié par la Primature.

Une pénurie démentie par le gouvernement

Le gouvernement ne parle pas de pénurie. Selon le compte rendu, la Première ministre a remercié la ministre d’État chargée des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, pour un communiqué soulignant que la situation « ne résulte nullement d’une pénurie générale de carburant, mais simplement d’un ralentissement temporaire de l’approvisionnement des points de distribution, dans un contexte de demande particulièrement soutenue ».

Le texte relève les « désagréments » causés aux habitants et les effets sur la circulation. Il ne chiffre ni les stocks disponibles, ni les volumes livrés, ni la durée de l’attente aux pompes. Il ne précise pas non plus l’origine du ralentissement invoqué.

L’exécutif s’inquiète aussi d’un effet en cascade. « Certains transporteurs » profiteraient des perturbations pour augmenter « de manière unilatérale » les tarifs du transport en commun. Le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale doit veiller, avec la ville de Kinshasa, au respect des tarifs réglementaires. Le gouvernement réaffirme son engagement à maintenir la stabilité des prix à la pompe.

Le pipeline RDC, une réponse à moyen terme

La feuille de route fixée par Judith Suminwa distingue deux horizons. À court terme, il s’agit de renforcer les capacités d’acheminement et de distribution pour assurer une desserte régulière des stations de Kinshasa et des grandes villes. À moyen et long terme, le nouveau pipeline doit « consolider durablement » l’approvisionnement de l’ouest du pays, tandis que le stockage et la distribution doivent être renforcés dans les zones Sud, Nord et Est.

Le compte rendu ne donne ni le tracé, ni la longueur, ni le coût, ni le calendrier de l’ouvrage. Plusieurs dossiers circulent. Le Cadre budgétaire à moyen terme 2026-2028 du ministère du Budget inscrit parmi les actions envisagées la « construction du pipeline national Moanda-Boma-Matadi ». Le cabinet d’ingénierie CEGEAU indique, de son côté, avoir réalisé le 4 mars 2026 une étude de cadrage environnemental et social pour un pipeline Banana–Matadi–Kinshasa pour le compte de Canadian Midwest Construction Inc. Selon ce cabinet, un tracé longeant la route nationale 1 a été proposé pour éviter la réserve de biosphère de Luki. Les documents officiels consultés ne permettent pas de dire lequel de ces projets est visé par la Première ministre.

Un corridor unique entre Matadi et Kinshasa

La capitale dépend aujourd’hui du corridor qui relie le port de Matadi, au Kongo-Central, aux dépôts de Kinshasa. La société SEP Congo y exploite des pipelines d’une longueur cumulée de 720 kilomètres, équipés de trois stations de pompage, qui alimentent le dépôt aéroportuaire de N’djili et les dépôts de Kinshasa-Ville et de Masina, selon son site. Ce chiffre est un total de canalisations, non la distance entre les deux villes.

Le cadre de propriété a changé cette année. Selon Bankable, la concession de Fina Log a pris fin le 31 décembre 2025 et les pipelines, stations de pompage et dépôts sont revenus à l’État. Ils sont désormais gérés par l’Entreprise nationale de gestion des infrastructures pétrolières (ENGIP-RDC SA), créée en janvier 2026. Le 7 avril 2026, celle-ci a signé avec SEP Congo quatre contrats d’exploitation, dont un portant sur l’utilisation des pipelines, selon Actualite.cd.

Le prochain signal attendu est la publication d’un dossier identifiable, avec un promoteur, un financement et un calendrier. D’ici là, l’instruction du 9 octobre reste une orientation politique : aucun chantier n’est annoncé.

Sources

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