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Citernes à Bamako : 5 396 camions escortés en un mois

Vente de carburant au détail à Bamako, où arrivent les citernes escortées par l'armée

Un convoi de 957 camions-citernes est arrivé à Bamako le samedi 10 octobre 2026 sous escorte de l’armée malienne. Selon la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), citée par l’Agence de presse africaine (APA), il porte à 5 396 le nombre de citernes à Bamako réceptionnées depuis le début de septembre, soit en un peu plus d’un mois.

Ce décompte officiel dit l’ampleur du dispositif. Il dit aussi que, plus d’un an après le blocus sur le carburant décrété par des djihadistes, l’approvisionnement de la capitale malienne dépend toujours de convois protégés par l’armée.

5 396 citernes à Bamako : ce que dit le décompte officiel

D’après les chiffres de la DGCC repris par APA le 11 octobre 2026, Bamako a reçu cinq convois en septembre, pour un total de 3 796 citernes. Deux arrivées ont suivi en octobre : 643 camions le 3 octobre, puis 957 le 10 octobre. Selon APA, ce dernier convoi représente à lui seul près de 60 % des véhicules pétroliers arrivés dans la capitale depuis le début du mois.

Les véhicules ont roulé sous l’escorte des Forces armées maliennes (FAMa), indique la DGCC. À l’arrivée, la douane, les services du commerce et la police prennent le relais et orientent les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.

Ce chiffre doit être lu pour ce qu’il est : un cumul d’arrivées. Les autorités n’ont publié ni le volume total en litres, ni la répartition par produit, ni ce qui part ensuite vers les régions. Il ne mesure donc ni un stock disponible ni un retour à la normale. APA souligne d’ailleurs que la distribution vers l’intérieur du pays, depuis les dépôts de la capitale, « reste déterminante » pour que ces cargaisons se traduisent par du carburant disponible à la pompe.

Deux comptages qui ne se recoupent pas

Un autre bilan officiel circule. Le 8 octobre 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé la 35e réunion de suivi de l’approvisionnement en hydrocarbures. Selon le compte rendu publié par Bamada.net, 975 citernes, pour 44 103 200 litres, ont été enregistrées du 27 septembre au 8 octobre. La réunion a aussi évoqué les difficultés liées au retour des camions vides.

Ces deux séries ne couvrent ni la même période ni, vraisemblablement, le même périmètre : l’une compte les convois escortés jusqu’à Bamako, l’autre des enregistrements sur douze jours. Les autorités n’ont pas expliqué l’écart avec les 643 citernes arrivées le seul 3 octobre. Les additionner ou les comparer directement serait trompeur.

Un blocus déclaré en septembre 2025

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, selon son sigle arabe), affilié à Al-Qaïda, a imposé à partir de début septembre 2025 un blocus sur les importations de carburant du Mali, en visant les camions-citernes venus notamment du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. À l’automne 2025, la pénurie a conduit le gouvernement à suspendre les cours dans les écoles et les universités du 27 octobre au 9 novembre 2025.

Selon l’Institut d’études de sécurité (ISS), les convois de carburant sont escortés par l’armée depuis novembre 2025, et le rythme des entrées est tombé à environ 200 à 300 camions-citernes par semaine au plus fort de la crise. Fin avril 2026, après une série d’attaques coordonnées, le JNIM a annoncé un blocus de la capitale elle-même. Son application effective n’a pas été vérifiée de manière indépendante.

Des corridors toujours sous pression

Pays sans accès à la mer, le Mali fait venir l’essentiel de ses carburants par la route depuis les ports de Dakar, Abidjan, Conakry et Lomé, rappelle APA. L’ISS décrit des pressions sur les axes Dakar-Bamako, Abidjan-Bamako et Conakry-Bamako, et signale plus de 2 000 conteneurs destinés au Mali bloqués au port de Dakar fin novembre 2025.

Les autorités présentent l’accélération des convois comme le signe d’un approvisionnement mieux sécurisé. Ces bilans émanent toutefois des services de l’État et de l’armée, et n’ont pas fait l’objet de vérifications indépendantes. Au 11 octobre 2026, aucun calendrier n’avait été annoncé pour une fin des escortes systématiques, et aucun prix à la pompe actualisé n’était publié. Fin septembre, NotreAfrik rapportait un financement de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) destiné à l’achat de carburant : BOAD Mali : 8 milliards FCFA pour 20 millions de litres.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Mali : la menace du JNIM pousse les transporteurs à abandonner Bamako · Pétrole du Niger : 20 000 barils/jour, trop peu pour l’AES · BOAD Mali : 8 milliards FCFA pour 20 millions de litres

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