Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Naufrage à Djibouti : 139 morts et 84 disparus selon l’OIM

Front de mer d'Obock, ville proche du naufrage à Djibouti des 8 et 9 octobre 2026

Au moins 139 personnes sont mortes et 84 restent portées disparues après le naufrage à Djibouti d’une embarcation de migrants, survenu dans la nuit du 8 au 9 octobre 2026 près de Guehere, au nord d’Obock. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le bateau transportait 305 personnes et faisait route vers le Yémen.

Le bilan a évolué au fil du 11 octobre 2026. L’OIM a d’abord fait état de 109 morts et de plus de 116 disparus, avant de le réviser le même jour. L’agence onusienne range ce drame parmi les naufrages les plus meurtriers recensés sur la « route de l’Est », qui relie la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique.

Naufrage à Djibouti : un bilan qui a évolué en une journée

Dans son premier communiqué, l’OIM comptait 109 morts, dont 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants (9 filles et 6 garçons), et plus de 116 disparus. Dans sa mise à jour du même jour, elle a porté le nombre de morts à au moins 139, dont 15 enfants, et ramené celui des disparus à 84. Selon l’Agence France-Presse (AFP), cette hausse correspond à la découverte de 30 corps supplémentaires : des personnes jusque-là comptées comme disparues sont passées dans la catégorie des décès confirmés.

Les chiffres de « 109 morts » et de « plus de 220 morts ou disparus » qui ont circulé ne se contredisent donc pas. Le premier est un bilan initial de décès ; le second additionne les morts et les disparus d’un seul et même naufrage. Un disparu n’est pas un décès confirmé, même lorsque les circonstances laissent peu d’espoir.

Ce bilan reste provisoire. Selon l’agence Associated Press (AP), le chef de mission de l’OIM à Djibouti, Alexandre Coissac, a précisé que le décompte ne retient que les corps pris en charge par les autorités djiboutiennes, d’autres victimes ayant pu être inhumées sans avoir été recensées. Au 13 octobre 2026, aucun bilan plus récent n’avait été publié par l’OIM, et aucun chiffre distinct des autorités djiboutiennes n’était disponible.

Plus de 80 survivants, tous éthiopiens

D’après l’OIM, plus de 80 personnes ont survécu, toutes de nationalité éthiopienne. L’agence a pris en charge 64 d’entre elles dans son centre d’intervention pour migrants d’Obock, où elles reçoivent soins médicaux, soutien psychosocial, nourriture, hébergement et aide pour reprendre contact avec leurs familles. Les autorités locales ont mené les opérations de recherche et organisé les inhumations.

« Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de ce corridor », a déclaré Alexandre Coissac. La directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a appelé les gouvernements et les bailleurs à ouvrir des voies de migration sûres et légales : « Personne ne monte dans un bateau comme celui-là à moins de croire qu’il n’existe aucune autre voie sûre. »

Les causes exactes du naufrage n’ont pas été établies officiellement. Le nombre de personnes embarquées, 305, repose sur les témoignages recueillis auprès des survivants.

La route de l’Est, de plus en plus meurtrière

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes, en majorité éthiopiennes et somaliennes, traversent Djibouti puis le détroit de Bab el-Mandeb pour gagner le Yémen, avec l’espoir de trouver du travail dans les pays du Golfe. Selon l’OIM, plus de 20 000 mouvements de l’Éthiopie vers Djibouti ont été enregistrés depuis le 10 septembre 2026.

L’agence rappelle qu’en 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont disparu sur cette route. Le naufrage d’octobre n’est pas le premier de l’année au large d’Obock : dans la nuit du 24 au 25 mars 2026, une embarcation transportant plus de 320 personnes, selon les garde-côtes djiboutiens, avait sombré au même endroit. L’OIM avait alors fait état d’au moins 9 morts et 45 disparus.

Le bilan d’Obock pourrait encore évoluer à mesure que les autorités djiboutiennes et l’OIM vérifieront les inhumations et identifieront les victimes. Pour les familles des disparus, l’identification des corps reste désormais l’enjeu principal.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Migration internationale : le bilan humain dépasse 3 000 morts en 2025 · Éthiopie : un réseau de trafiquants d’êtres humains démantelé après avoir fait 3 000 victimes · Gambie : le drame en mer plonge le pays dans la tristesse nationale

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app