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Joseph Kabila prend la tête du FRN à Goma le 12 octobre

Goma, où Joseph Kabila a pris la tête du FRN, vue depuis les collines de Rubavu au bord du lac Kivu

L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été présenté le lundi 12 octobre 2026 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, comme le président d’un nouveau mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN). Selon la déclaration rapportée par Actualite.cd, le FRN « succède de plein droit » à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la coalition dont fait partie la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), qui contrôle Goma depuis janvier 2025.

Le 13 octobre 2026, le gouvernement congolais ne s’était pas encore exprimé publiquement sur cette annonce, selon Radio Okapi et Africanews.

Joseph Kabila président, la direction de l’AFC/M23 à ses côtés

D’après l’organigramme publié par Actualite.cd et Africanews, Joseph Kabila préside le Front. Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC, et Bertrand Bisimwa, président du M23, en sont les vice-présidents. Sultani Makenga, chef militaire du M23, est nommé chef d’état-major général de la branche armée, avec rang de vice-président. Freddy Kaniki est secrétaire général et Benjamin Mbonimpa (orthographié Bonimpa par Africanews) secrétaire général adjoint.

Selon Actualite.cd, la déclaration est datée du 12 octobre, à l’issue de réunions tenues à Goma les jours précédents. Elle affirme que son adoption « met définitivement fin à l’existence de l’Alliance Fleuve Congo ». Elle ne dit rien, en revanche, du devenir du M23 en tant que tel. Radio Okapi présente la création du FRN comme la « dissolution de la coalition AFC/M23 », formulation plus large que le texte cité par Actualite.cd. Les sources consultées ne permettent pas d’établir le statut exact du M23 au sein de la nouvelle structure.

Une photo de l’agence AP, publiée par Africanews, le montre à Goma lors de l’annonce du 12 octobre ; la déclaration a toutefois été lue par Claude Ibalanky.

Ce que dit le FRN

D’après Africanews, la déclaration a été lue par Claude Ibalanky, présenté comme conseiller de la coalition. Le Front veut « unir et coordonner toutes les forces de résistance » pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie », « par tous les moyens nécessaires ». Actualite.cd rapporte que le texte revendique le recours à la force, sans fixer de calendrier ni annoncer d’opération précise. Selon Radio Okapi, le FRN invoque l’article 64 de la Constitution congolaise, qui fait devoir à tout Congolais de « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ».

Toujours selon Africanews, l’ancien sénateur Moïse Nyarugabo s’est adressé au président Félix Tshisekedi : « s’il veut la paix, nous sommes prêts à la lui accorder ; s’il choisit la guerre, il l’aura aussi ».

L’annonce a aussi provoqué des départs. Radio Okapi indique que plusieurs collaborateurs de Joseph Kabila, notamment au sein de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), se sont désolidarisés de l’initiative et ont démissionné. Le média ne cite pas de noms.

Un ancien président condamné et sanctionné

Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à janvier 2019. Fin septembre 2025, la Haute Cour militaire l’a condamné à mort par contumace, notamment pour trahison et crimes de guerre, en lui reprochant des liens avec le M23. Il a dénoncé un procès politique. Le 30 avril 2026, le département américain du Trésor l’a inscrit sur sa liste de sanctions, en l’accusant d’avoir apporté un soutien financier à l’AFC et au M23.

Doha : qui représentera la partie non gouvernementale ?

Le gouvernement congolais et l’AFC/M23 négocient sous médiation du Qatar. Un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu a été signé à Doha le 14 octobre 2025. Le 27 août 2026, le ministère qatari des Affaires étrangères a salué une première mission de vérification sur le terrain, menée le 24 août dans la zone de Minembwe, au Sud-Kivu.

Ni le Qatar, ni Kinshasa, ni le FRN n’avaient précisé, au 13 octobre, si le nouveau Front remplacerait l’AFC/M23 à la table des négociations. Interrogé par Actualite.cd, Roger-Claude Liwanga, professeur de droit à l’université Emory (États-Unis), estime que le Qatar devrait demander « d’urgence » des clarifications écrites sur le statut du FRN, sa capacité à représenter la partie non gouvernementale et sa volonté de reprendre les engagements déjà pris. Il s’agit de l’avis d’un chercheur, pas d’une position des médiateurs.

Sources

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