Amnesty International Sénégal demande au président Bassirou Diomaye Faye d’intervenir en faveur de Mbayang Diop, une Sénégalaise condamnée à mort en Arabie saoudite. L’appel a été lancé le 10 octobre 2026, Journée mondiale contre la peine de mort. « Nous appelons le Président Bassirou Diomaye Faye à s’impliquer personnellement pour la sauver d’une exécution que l’on dit imminente », a déclaré l’organisation, selon PressAfrik.
Le lendemain, des organisations de la société civile ont à leur tour appelé le chef de l’État à intervenir pour obtenir sa grâce, rapporte le même média.
Mbayang Diop, condamnée en 2017
Partie en Arabie saoudite en 2016 pour travailler comme employée de maison, Mbayang Diop a été arrêtée la même année pour le meurtre de son employeuse. Elle a été condamnée à mort en avril 2017. Selon la presse sénégalaise, elle affirmait être maltraitée au moment des faits ; ces déclarations n’ont pas été établies par une décision de justice publiée. Elle est détenue depuis plus de dix ans.
Dans le droit saoudien, la famille de la victime peut accorder son pardon, éventuellement contre une compensation financière, ce qui écarte l’exécution. Dans ce dossier, la décision revenait aussi aux enfants de la victime, qui étaient mineurs. Selon PressAfrik, ils atteindront la majorité à la fin de 2026, ce qui pourrait lever la suspension. Aucune date d’exécution n’a été rendue publique.
Un dossier suivi depuis dix ans
L’affaire mobilise l’opinion sénégalaise depuis sa révélation. Selon la presse sénégalaise, l’État avait pris en charge des frais de défense sous la présidence de Macky Sall. L’organisation Horizon sans frontières, qui défend les migrants, suit le dossier depuis le début et a de nouveau interpellé les autorités en 2026, selon Dakaractu, sur l’état de la procédure et les possibilités de grâce ou de commutation de peine.
Les démarches diplomatiques, si elles existent, ne sont pas publiques, et leur silence ne permet pas de conclure à une absence de suivi. Pour Dakar, l’enjeu est délicat : obtenir une issue humanitaire auprès d’un partenaire important, sans préjuger d’une procédure judiciaire étrangère.
Les travailleuses domestiques exposées
Dans son rapport 2025 sur l’Arabie saoudite, Amnesty International décrit les difficultés d’accès à un avocat, à l’assistance consulaire et à une interprétation de qualité pour des étrangers condamnés à mort. L’organisation y dénonce aussi l’exploitation de travailleurs migrants, dont des employées domestiques. Ce contexte général ne dit rien, à lui seul, des conditions de détention de Mbayang Diop.
Le cas rappelle une question qui dépasse ce dossier : la protection des Sénégalais confrontés à une procédure pénale à l’étranger, et la capacité des services consulaires à suivre ces situations dans la durée, avant qu’elles ne deviennent des urgences publiques.
Sources
- PressAfrik, appel d’Amnesty Sénégal, 10 octobre 2026, et mobilisation de la société civile, 11 octobre 2026.
- Amnesty International, rapport sur l’Arabie saoudite.
- Africtelegraph, 10 octobre 2026 ; Dakaractu, 2026 ; Le360 Afrique et Senego, 2016-2017.
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