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Cancer du sein Sénégal : 2 220 cas, plus de 1 300 décès

Mammographe servant au dépistage du cancer du sein, photographié dans un hôpital du Bénin, illustration pour le Sénégal

« Pour le cancer du sein, nous enregistrons environ 2 220 nouveaux cas au Sénégal, avec une mortalité de plus de 1 300 décès », a déclaré le dimanche 27 septembre 2026 la Dr Fatma Guenoune, présidente de la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA), au lancement de la campagne Octobre rose. Rapportés l’un à l’autre, ces deux chiffres annuels donnent près de six décès pour dix nouveaux cas.

Le lancement a pris la forme d’une randonnée de 3 400 marcheurs, en présence de la Première dame, Absa Faye, et du ministre de la Santé, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Ce que la LISCA annonce pour Octobre rose 2026

La Dr Guenoune a insisté sur « le dépistage précoce ». La LISCA annonce des consultations gratuites à son siège « du lundi au samedi à partir du 1er octobre », avec un accompagnement des femmes chez qui une anomalie serait détectée. Les pharmaciens sont mobilisés pour la sensibilisation, et la Ligue prévoit 15 000 dépistages au cours de la campagne, placée sous le thème « Agir pour la vie ».

La présidente de la LISCA a également rappelé « le coût élevé de la prise en charge » et appelé à « un renforcement du soutien financier ». Le poids économique de la maladie dépasse d’ailleurs les frais de soins, comme le montrait notre article de mars 2026 : « Cancer du sein : plus de 10 milliards de dollars de pertes de productivité dans sept pays africains ».

Cancer du sein au Sénégal : des chiffres à lire avec prudence

La LISCA a présenté « les nouveaux chiffres du cancer au Sénégal » sans en préciser la source. Le nombre de nouveaux cas correspond à l’estimation GLOBOCAN 2024 du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), selon laquelle le pays compterait 2 220 nouveaux cas par an. Cette même estimation retiendrait en revanche 1 041 décès, et non plus de 1 300.

Les deux séries n’utilisent pas nécessairement la même méthode ni la même période d’observation. Nous attribuons donc chaque chiffre à sa source, sans les présenter comme une même statistique. L’écart ne change pas le constat : au Sénégal, le cancer du sein tue encore une part très élevée des femmes qui en sont atteintes.

Ce que dit le ratio entre décès et nouveaux cas

Rapporter les décès d’une année aux nouveaux cas de la même année donne un indicateur grossier, pas un « taux de mortalité des patientes ». Les femmes qui décèdent une année donnée ne sont pas nécessairement celles diagnostiquées cette année-là. Cet indicateur donne néanmoins une idée du poids de la mortalité : avec les chiffres de la LISCA, il approche 59 % ; avec l’estimation du CIRC, il est d’environ 47 %.

Dans les systèmes de santé où le dépistage est plus précoce et les traitements plus accessibles, l’écart entre le nombre de cas et le nombre de décès est beaucoup plus grand. Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique résume la difficulté : sur le continent, le cancer du sein est « souvent détecté à un stade trop avancé ».

Le Sénégal n’est pas un cas isolé. À l’échelle de l’Afrique, les estimations GLOBOCAN 2022 comptaient près de 199 000 nouveaux cas de cancer du sein et plus de 91 000 décès par an.

Dépister ne suffit pas sans parcours de soins

Un cancer du sein détecté tôt peut souvent être traité avec de bonnes chances de survie. Diagnostiqué après propagation à d’autres organes, il laisse moins d’options thérapeutiques, pour des coûts plus élevés. C’est l’enjeu de la détection précoce, déjà défendue par les campagnes précédentes, comme le rappelait notre article « Cancer du sein : quand le dépistage précoce sauve des vies ».

Mais un dépistage n’est utile que si la suite est assurée. Une anomalie détectée doit être suivie d’une mammographie ou d’une échographie, puis d’une biopsie, d’une analyse anatomopathologique et d’un traitement dans des délais raisonnables. Un retard à une seule de ces étapes peut réduire le bénéfice du diagnostic précoce.

Le nombre de nouveaux cas mesure le poids de la maladie ; il ne dit pas si la réponse s’améliore. Les indicateurs utiles sont ailleurs : la part des cancers détectés aux stades I et II, le délai entre la première anomalie et le diagnostic, et la survie à cinq ans. Aucun de ces indicateurs ne figure dans les chiffres présentés le 27 septembre 2026. Le même enjeu d’accès aux soins se pose pour le cancer du col de l’utérus, que MSF traite au Mali.

Sources

  • Agence de presse sénégalaise, « Environ 2 220 nouveaux cas de cancer du sein recensés chaque année, selon la LISCA », 27 septembre 2026.
  • France 24, « Cancer du sein au Sénégal : « Pratiquement chacun a un membre de sa famille touché » », 28 septembre 2026.
  • CIRC / OMS, Global Cancer Observatory, estimations GLOBOCAN 2024 (fiche Sénégal) et GLOBOCAN 2022 : gco.iarc.fr.
  • OMS Afrique, « En Afrique, le cancer du sein souvent détecté à un stade trop avancé » (cité par France 24).
  • LISCA, campagne Octobre rose 2026.

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