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FMI Gabon : pas de programme sans audit d’une dette à 80 %

Vue aérienne de Port-Gentil, où le président a reçu la mission FMI Gabon et la direction de Vaalco le 25 septembre 2026

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Gabon s’est achevée le 25 septembre 2026 sans annonce de programme. Ce n’était pas son objet : conduite à Libreville du 14 au 25 septembre par Aliona Cebotari, elle a examiné les conclusions de l’audit de la dette publique, les orientations du budget 2027 et les réformes structurelles. Le FMI annonce « la poursuite des discussions dans les prochaines semaines », avant d’éventuelles négociations. Pour le FMI comme pour le Gabon, la première question reste la même : combien le pays doit-il réellement ?

Le 25 septembre, à Port-Gentil, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu la délégation du Fonds, puis la nouvelle direction de VAALCO Gabon, opérateur pétrolier, à qui il a demandé « rigueur, pugnacité et transparence ». Dette d’un côté, pétrole de l’autre : les deux audiences posent la question de la fiabilité des comptes de l’État.

Une mission technique, pas une négociation

Selon le communiqué de fin de mission, l’équipe du FMI a travaillé avec les autorités, la Taskforce présidentielle sur la dette, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et des représentants du secteur financier. Elle a rencontré le chef de l’État, les vice-présidents Alexandre Barro Chambrier et Hermann Immongault, le ministre de l’Économie et des Finances Thierry Minko et la ministre de la Planification Louise Pierrette Mvono.

Ses conclusions ont été présentées au vice-président du gouvernement Hermann Immongault le 23 septembre, puis au président le 25. Le Fonds estime que « les travaux techniques doivent se poursuivre afin de préparer d’éventuelles discussions sur un programme ». Direct Infos Gabon résume : « le futur programme encore à négocier, Libreville va attendre ».

Le calendrier politique a glissé. Selon Gabonactu, le président visait en février 2026 un accord avec le FMI « avant mai », avant d’exiger un audit complet de la dette avant tout engagement. Une Taskforce présidentielle sur la dette a été créée à cette fin.

FMI et Gabon : une dette de près de 80 % du PIB à recompter

La dette publique gabonaise avoisine 80 % du produit intérieur brut (PIB). La Banque africaine de développement l’évalue à 78,9 % dans son rapport pays sur le Gabon. Mais le montant exact dépend du périmètre retenu : dette directe de l’État, arriérés intérieurs, engagements des entreprises publiques, passifs non enregistrés. C’est ce périmètre que l’audit devait établir.

À Port-Gentil, selon Bénin Web TV, les échanges avec la délégation du Fonds ont porté sur « l’évaluation de la situation réelle de la dette et la fiabilisation des données », avec l’objectif d’une « lecture partagée ». Autrement dit, Libreville et le FMI ne comptent pas encore la même chose.

Le temps a un coût. Un programme du Fonds ouvre l’accès à des financements concessionnels et donne un signal aux autres bailleurs. Sans lui, l’État finance seul ses besoins, alors qu’il prépare son budget 2027 et qu’il doit absorber un service de la dette élevé. La Cour des comptes réclame déjà 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes jamais recouvrés. Et les projections des services du FMI arrêtées au 2 avril 2026 anticipaient une dette publique à 94,3 % du PIB en 2027.

Vaalco : deux Gabonaises à la tête de l’opérateur d’Etame

VAALCO Gabon, filiale de l’américain Vaalco Energy, exploite le bloc offshore Etame Marin, à une trentaine de kilomètres des côtes. Depuis août, la société est dirigée par Hermélia Mbadinga Hayes, administratrice générale, secondée par Nancy Bignoumba Redjao, directrice générale adjointe. Le président a salué « la promotion de compétences féminines gabonaises » et demandé « un fonctionnement collégial ».

Les comptes de Vaalco donnent la mesure de ce que l’État doit suivre. Selon l’entreprise, sa participation opérationnelle dans Etame est de 58,8 %, et sa production attribuable dépassait 9 000 barils équivalent pétrole par jour au deuxième trimestre 2026. Le contrat de partage de production prévoit une redevance de 13 %, une récupération des coûts plafonnée à 80 % jusqu’au 16 septembre 2028, puis à 70 %, et un partage du « profit oil ».

La participation portée de l’État est passée de 7,5 % à 10 % le 20 juin 2026, en application du contrat existant, et non à la suite de l’audience. Vaalco a comptabilisé en 2025 environ 31,8 millions de dollars (environ 18,3 milliards de FCFA) de part gouvernementale du profit oil versée en nature, c’est-à-dire en barils.

Ce qui n’a pas été annoncé

Aucun audit pétrolier, aucune renégociation du contrat Etame et aucune taxe nouvelle n’ont été annoncés à Port-Gentil. Aucune restructuration de la dette non plus. La « transparence » réclamée à Vaalco reste, à ce stade, une exigence de principe.

Mais les deux dossiers se rejoignent. Pour négocier avec le FMI, l’État doit connaître sa dette ; pour prévoir ses recettes, il doit suivre les volumes, les coûts récupérables et les barils qu’il reçoit. Le FMI reviendra « dans les prochaines semaines ». D’ici là, aucune négociation de programme n’est ouverte.

Sources

  • Fonds monétaire international, communiqué de fin de mission au Gabon, septembre 2026 : imf.org.
  • Gabonreview, articles des 23, 26 et 28 septembre 2026.
  • Direct Infos Gabon, « Gabon-FMI : le futur programme encore à négocier, Libreville va attendre », 28 septembre 2026.
  • Gabonactu, 25 septembre 2026 ; Bénin Web TV, 27 septembre 2026 ; Le Confidentiel du Gabon, 28 septembre 2026.
  • Africtelegraph, « Gabon : la mission du FMI s’achève sans accord sur un nouveau programme » et « Gabon : Oligui Nguema place la dette et le pétrole sous surveillance », 27 septembre 2026.
  • Vaalco Energy, rapport annuel 2025 et données opérationnelles 2026.

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