Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
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RAF 2026 : forum santé, 9 secteurs non médicaux concernés

Salle comble lors d'une édition du Rebranding Africa Forum à Bruxelles, dont le RAF 2026 est la 12e édition

Chapô — Le RAF 2026, 12e édition du Rebranding Africa Forum, se tient les vendredi 23 et samedi 24 octobre 2026 à Bruxelles, sur le thème « Systèmes de santé en Afrique : innover pour soigner, soigner pour développer ». L’intitulé paraît réservé aux professionnels du soin. Il ne l’est pas : l’Afrique compte 3 médecins pour 10 000 habitants contre 37 en Europe, et importe 99 % des vaccins qu’elle utilise. Combler ces écarts est un chantier de BTP, d’énergie, de logistique et de finance.

Transparence : NotreAfrik est édité par Samori Media Connection, qui organise également le Rebranding Africa Forum. Cet article porte sur un événement de notre propre groupe.

Ce que le thème du RAF 2026 recouvre réellement

Une remarque revient chez les entreprises sollicitées cette année : le forum serait dédié aux professionnels de santé, sans opportunité pour les autres. La seconde moitié du thème répond à l’objection — « soigner pour développer ». La santé n’y est pas traitée comme un secteur isolé, mais comme un moteur qui irrigue le reste de l’économie.

Le raisonnement tient à une évidence matérielle. Un système de santé, ce sont d’abord des bâtiments, des routes, du courant, des camions réfrigérés, des logiciels et des mécanismes d’assurance. Aucun de ces métiers n’est médical.

Les chiffres qui font du soin un chantier économique

L’écart de densité médicale est le plus parlant. L’Afrique compte environ 3 médecins pour 10 000 habitants, contre 37 en Europe, et 13 infirmiers ou sages-femmes pour 10 000 contre 83. La région africaine de l’Organisation mondiale de la santé recense près de 300 000 médecins et 1,2 million d’infirmiers pour 1,4 milliard d’habitants.

Le déséquilibre se lit aussi à l’échelle mondiale : le continent porte environ un quart de la charge de morbidité de la planète avec près de 3 % des professionnels de santé, pour 17 % de la population.

Côté production, la dépendance est presque totale. L’Afrique importe 99 % des vaccins qu’elle administre, n’en produisant qu’environ 1 %. Pour les médicaments, la proportion importée avoisine les 70 % — un chiffre que le Ghana a lui-même qualifié d’alerte. Les projections démographiques ajoutent l’urgence : le continent comptera environ 2,5 milliards d’habitants en 2050.

Ces écarts ne se comblent pas avec la seule diaspora médicale. Ils se comblent avec des hôpitaux à construire, des usines pharmaceutiques à implanter, des chaînes du froid à déployer, des systèmes d’information à sécuriser, de l’énergie fiable à fournir et de l’eau à assainir. Des mouvements existent déjà en ce sens, comme le premier générique contre la drépanocytose produit en Afrique, ou l’objectif de 60 % de production locale affiché à Accra.

Neuf secteurs déjà dans la chaîne de valeur

C’est la grille que le forum met en avant cette année, et elle se lit comme une liste de marchés :

  • BTP, ingénierie, immobilier : hôpitaux, centres de diagnostic, parcs industriels pharmaceutiques
  • Banque, assurance, finance : couverture santé panafricaine, partenariats public-privé, financement d’infrastructures
  • Énergie : continuité électrique des plateaux techniques, solutions décentralisées en zone rurale
  • Numérique, télécoms, informatique : dossier médical électronique, télémédecine, intelligence artificielle, cybersécurité
  • Logistique, transport, distribution : chaîne du froid, traçabilité des produits de santé
  • Industrie et production locale : médicaments, vaccins, dispositifs médicaux, consommables
  • Eau, assainissement, environnement : traitement des sols et des eaux, prévention en amont du soin
  • Agro-industrie : nutrition, sécurité alimentaire, valorisation de la pharmacopée africaine
  • Conseil, audit, juridique : réglementation, propriété intellectuelle, homologation, gouvernance des partenariats public-privé

La donnée est d’ailleurs le premier verrou de plusieurs de ces chantiers : le Burkina Faso a dû reconstituer 93 % des informations sur son propre personnel soignant avant de pouvoir planifier quoi que ce soit.

Format, dates et accès

La journée du vendredi 23 octobre 2026 réunit communications inaugurales, panels, Hard Talks, Deal Rooms et ateliers thématiques, ainsi que l’Innovation Time porté par la RAF Academy et la cérémonie des Rebranding Africa Awards. Le samedi 24 octobre prolonge le forum par un volet culturel.

Le public visé mêle décideurs politiques et institutionnels, bailleurs et investisseurs, dirigeants d’entreprises — et, cette année plus que les précédentes, des opérateurs venus de secteurs non médicaux. Bruxelles reste le lieu, pour sa position de carrefour institutionnel des relations entre l’Afrique et l’Europe.

La salle impose une jauge stricte : les inscriptions sont traitées par ordre d’arrivée jusqu’à épuisement des places. Paule-Renée Etogo, directrice générale du Rebranding Africa Forum, invite les entreprises à ne pas se juger hors sujet sur la seule lecture du thème.

Les éditions précédentes donnent la mesure du format : en 2025, le forum avait appelé l’Afrique à écrire sa propre histoire numérique.

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