La Côte d'Ivoire intensifie sa lutte contre l'orpaillage illégal en plaçant les communautés locales au cœur de la stratégie. Le 3 septembre, à Aboisso, dans la région du Sud-Comoé, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a présidé la 5ᵉ phase de la caravane nationale de sensibilisation dédiée à ce phénomène. Un signal clair : l'État ivoirien entend aller au-delà de la seule répression.
Orpaillage illégal : 31 sites identifiés dans le Sud-Comoé
La rencontre s'est tenue en présence du président du Conseil régional du Sud-Comoé, Eugène Aka Aouelé, et de Sa Majesté Nanan Awoulay Amon Tanoé, président de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels de Côte d'Ivoire. La mobilisation des autorités coutumières n'est pas symbolique : selon le ministre lui-même, « les seules localités où le phénomène d'orpaillage illégal n'a pas pu prospérer sont les localités où les communautés ont dit non ».
Mamadou Sangafowa-Coulibaly a rappelé que la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles est érigée en priorité gouvernementale depuis 2012-2013 — mais que la persistance du phénomène prouve les limites de l'approche sécuritaire seule. « Le gouvernement n'a pas arrêté d'adresser la question. Mais ce phénomène persiste parce que le 'tout répression' ne suffit pas. Il faut que nous mettions les communautés au cœur de la recherche de solutions », a-t-il déclaré. Dans le Sud-Comoé, 31 sites illégaux ont été identifiés, ayant conduit à plusieurs opérations de déguerpissement.
Des alternatives légales pour les orpailleurs artisanaux
Le gouvernement s'engage à proposer des alternatives légales à l'exploitation artisanale, qui pourrait être exercée de manière réglementée et responsable. Le ministre a insisté sur trois impératifs : que l'exploitation minière contribue au développement économique et social, qu'elle ne nuise pas à l'agriculture, et qu'elle se fasse dans le respect de l'environnement et des générations futures. L'orpaillage illégal engendre en effet des pertes fiscales, des conflits, une insécurité accrue et une dégradation des terres agricoles — autant de freins au développement local que le gouvernement entend désormais adresser avec les populations elles-mêmes.
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Avec APO Group.